L’ambassadeur de Suède en Israël a affirmé qu’il envisageait de clarifier la position de la Suède sur la reconnaissance d’un Etat palestinien et sa volonté de maintenir des liens étroits avec Israël, lors d’une réunion au ministère des Affaires étrangères lundi.

« Israël et la Suède ont une relation forte, et le nouveau gouvernement a clairement fait savoir qu’il voulait que cela continue, » a déclaré Carl Magnus à la radio de l’armée lundi matin, avant sa rencontre avec Aviv Shir-On, le directeur général adjoint des affaires européennes au ministère.

Il a ajouté, cependant, que dans sa décision de reconnaître un Etat palestinien, la Suède a fait un communiqué pour soutenir la reprise des négociations de paix.

« La situation est claire, les pourparlers de paix ont été suspendus pendant un certain temps, et je pense que le conflit à Gaza a précisé que le statu quo doit être changé » a-t-il expliqué. « Le but d’une telle déclaration et de cette reconnaissance à venir, c’est bien sûr de soutenir les négociations menant à une solution à deux Etats ».

Lors de son discours inaugural vendredi, le Premier ministre suédois Stefan Löfven a déclaré que le conflit entre Israël et la Palestine ne peut être résolu que par une solution à deux Etats, négociée conformément au droit international.

« La solution à deux Etats exige la reconnaissance mutuelle et une volonté de coexister pacifiquement. La Suède doit donc reconnaître l’Etat de Palestine ».

Le ministère des Affaires étrangères israélien a protesté contre l’annonce de Löfven et affirmé qu’il appellerait Magnus afin de clarifier les déclarations faites par le Premier ministre de son pays.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, pour sa part, a déclaré dimanche que « des mesures unilatérales » ne feraient pas avancer la paix, mais contribueraient plutôt à l’affaiblir.

Le ministre des Affaires étrangères Riyad al-Maliki a salué l’annonce de Löfven vendredi et appelé les autres pays de l’Union européenne à faire de même.

« Au nom du peuple palestinien et de la direction palestinienne, nous remercions et saluons la position de la Suède » a déclaré Maliki dans un communiqué.

La porte-parole du département d’Etat américain Jen Psaki a déclaré que les Etats-Unis attendaient avec intérêt de travailler avec le nouveau gouvernement suédois – un partenaire proche – mais a qualifié la reconnaissance internationale d’un Etat palestinien comme « prématurée ».

« Nous croyons que le processus est celui qui doit être élaboré par les parties afin de s’entendre sur la façon dont ils vont vivre dans l’avenir avec deux Etats vivant côte-à-côte, » a-t-elle précisé.

Cependant, des rapports ultérieurs ont indiqué qu’il pourrait y avoir une certaine confusion à propos de la déclaration de Lovfen.

Dans une conversation téléphonique avec le chef de l’opposition, Isaac Herzog, Löfven a souligné que la reconnaissance de la Palestine par la Suède ne pourrait être approuvée qu’après des entretiens rigoureux sur la question avec des responsables israéliens, palestiniens et américains, a rapporté Haaretz.

« Nous n’allons pas reconnaître la Palestine comme un Etat demain matin, » aurait-il assuré à Herzog. « Nous voulons parler au préalable avec toutes les parties concernées, y compris Israël, les Palestiniens, les Etats-Unis et d’autres pays de l’UE. »

Löfven aurait poursuivi en disant que la reconnaissance de l’État de Palestine serait conforme aux directives énoncées par le gouvernement suédois.

Quelques minutes après que le Premier ministre suédois ait parlé au chef de l’opposition, Herzog a reçu un autre appel de Suède, cette fois de la ministre des Affaires étrangères Margot Wallström, qui a affirmé que la reconnaissance de l’État de Palestine allait hâter la reprise des pourparlers de paix entre Israël et les Palestiniens.

« Nous voulons reconnaître l’Etat de Palestine, parce que nous pensons que les négociations devraient avoir lieu entre les deux pays, » a déclaré Wallström à Herzog.

Wallström avait affirmé plus tôt qu’elle espérait que la reconnaissance de la Palestine par la Suède « inspire et donne un nouveau souffle aux négociations ».