Jeudi, Israël a manifesté sa forte opposition à la décision du gouvernement suisse de convoquer une conférence pour débattre du statu quo dans les Territoires palestiniens la semaine prochaine à Genève. Il affirme que cette mesure remet en question la neutralité historique de Bern.

La Suisse a invité les Etats signataires de la quatrième Convention de Genève à assister à la conférence pour débattre de la situation dans la bande de Gaza et Jérusalem-Est le 17 décembre, et cela malgré la pression américaine et israélienne qui s’opposent à cette convocation, et à laquelle ils n’assisteront pas.

Les 196 membres de l’ONU ont signé la quatrième Convention de Genève et en avril 2014, l’Autorité palestinienne a signé la charte d’adhésion du traité.

« Son rôle dépositaire oblige la Suisse de gérer [les choses] d’une manière neutre et apolitique », affirme le ministère des Affaires étrangères israélien dans un communiqué. « La décision du gouvernement suisse de tenir une conférence des Etats signataires [de la quatrième Convention de Genève] soulève des doutes quant son engagement envers ses principes car il prête main-forte pour politiser la convention de Genève et les règles de la guerre en général ».

La Suisse projette d’organiser une réunion qui durera trois heures avec les ambassadeurs d’Etat. Les médias ne pourront pas assister à la conférence. Un communiqué sera publié, précise Haaretz.

Selon cet article, la conférence « ne devrait pas entraîner une prise de décisions contraignantes mais elle pourrait intensifier les critiques internationales au sujet de la politique israélienne » en Cisjordanie.

Le ministère des Affaires étrangères a condamné la décision de tenir le sommet, en l’appelant « un geste politique dont le seul but est d’utiliser une mesure importante des Conventions de Genève dans le but de dénigrer Israël ».

« Israël, bien sûr, ne participera pas à la conférence, en plus d’autres États qui ont clarifié leur opposition au gouvernement suisse », poursuit le communiqué du ministère des Affaires étrangères, sans donner plus de précisions sur « les autres Etats ».

De hauts responsables israéliens ont précisé à Haaretz que les États-Unis, le Canada et l’Australie comptaient boycotter le sommet avec Israël. Il a exhorté tous les autres Etats signataires de ne pas prendre part à la convention.

Le ministère des Affaires étrangères a déclaré qu’il réévalue les positions de la Suisse sur d’autres questions de droit international humanitaire à la lumière de sa décision de tenir la réunion.

Israël a également critiqué la décision du parlement irlandais d’adopter une résolution non contraignante pour soutenir un Etat palestinien indépendant.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Emmanuel Nahshon a exprimé sa déception face à cette décision jeudi. Il a accusé le Parlement irlandais de donner de la voix aux « déclarations de haine et d’antisémitisme dirigées contre Israël d’une manière qui n’avait jamais été vu auparavant ».

Certains législateurs irlandais ont accusé Israël de génocide lors du débat parlementaire sur la reconnaissance palestinienne.

Le ministre des Affaires étrangères Charlie Flanagan a déclaré mercredi que l’Irlande envisage la reconnaissance d’un Etat palestinien comme une tactique possible pour relancer les pourparlers de paix au Moyen-Orient.

Les législateurs de Grande-Bretagne, de France et d’Espagne ont déjà adopté des motions similaires appelant leurs gouvernements à suivre l’exemple de la Suède, qui le 30 octobre, a enflammé le débat en reconnaissant un Etat palestinien.