Le Conseil fédéral suisse a approuvé un contrat de 250 millions de francs suisses avec la société israélienne d’armement Elbit, rapporte le site 24heures.

Le ministre de la Défense, Ueli Maurer, a invoqué la nécessité de remplacer les équipements d’avions sans pilote, qui sont dotés actuellement « d’une technologie des années 1980 totalement dépassée ».

En outre, seuls 14 des 28 drones Ranger que compte la Suisse sont encore opérationnels en 2014.

L’acquisition des drones Hermes a une vocation de défense afin de constituer un outil d’observation pour l’armée ou à des fins de missions de sauvetage.

La gauche suisse s’est élevée contre cette décision critiquant un achat de matériel de guerre effectué auprès d’un pays lui-même en guerre. Le député Eric Voruz affirme qu’il aurait été également plus judicieux d’acquérir ce type de matériel auprès de la France ou des Etats-Unis.

De son côté, le mouvement propalestinien BDS-Suisse a lancé une pétition accusant le fabricant israélien de « tester son matériel au-dessus des territoires occupés et au Liban ».

Le ministère suisse de la Défense assure cependant que le processus de sélection a été parfaitement conforme dans lequel « deux fabricants israéliens étaient arrivés en tête des neuf concurrents et où l’offre d’Elbit présentait le meilleur rapport qualité-prix».

Ueli Maurer souligne également l’impact en termes d’emploi de ces acquisitions, avec la mise à disposition de 500 personnes durant cinq ans. Les Chambres fédérales sont invitées désormais à valider cette décision.

Israël a commencé à produire des drones il y a 40 ans. Aujourd’hui le pays est le premier exportateur mondial du secteur.

Selon une étude de cabinet Frost & Sullivan, publiée fin 2014, l’État hébreu revendique un chiffre de 4.6 milliards de dollars au niveau international entre 2012 et 2014 contre 2.9 milliards pour les États-Unis.

La Corée du Sud a également signé un contrat de 36.5 millions de dollars avec Israel Aerospace Industries, portant sur trois drones Heron.

L’année passée, Israël a cependant subi ses premiers revers lorsque de nombreux pays européens ont privilégié le drone américain Reaper.

Mais dans un pays dont l’économie repose sur la R&D et l’innovation, le secteur des aéronefs sans pilote ne fait pas exception.

Les ballons captifs gonflés à l’hélium ou le développement d’une nouvelle génération de drones tactiques devraient permettre à l’État hébreu de conforter sa place de numéro un mondial dans les années à venir.