Le Parlement suisse a donné son feu vert lundi à l’achat de six drones de surveillance israéliens, une opération controversée dont le coût est estimé à quelque 250 millions de francs suisses (230 millions d’euros).

Comme l’avait déjà fait la chambre basse de l’Assemblée fédérale suisse, la chambre haute a approuvé, par 30 voix contre 12, l’acquisition de six drones de surveillance non armés Hermes 900, du constructeur Elbit Systems.

Des opposants avaient appelé la Suisse à ne pas investir dans l’industrie militaire israélienne en raison des « violations systématiques des droits de l’homme » qui seraient, selon eux, commises par l’Etat hébreu contre les Palestiniens.

La socialiste Géraldine Savary, opposée à cet achat, a accusé l’armée israélienne d’avoir utilisé des drones Hermes 900 pendant l’offensive militaire à Gaza, en été 2014.

« Israël ne respecte pas les droits des populations, parfois avec des moyens extrêmement violents », a déclaré un autre opposant, Luc Recordon (Verts), cité par l’agence de presse suisse ATS.

Le ministre suisse de la Défense, Ueli Maurer, a insisté sur le fait que la Suisse n’achetait pas les drones à l’Etat israélien, mais à une entreprise privée.

Les engins, a-t-il précisé, seront uniquement utilisés pour des opérations de surveillance par les garde-frontières.

« Ce n’est pas un modèle de combat, mais il joue un rôle d’éclaireur. Nous n’avons pas l’intention de l’armer », a-t-il dit, selon ATS.

Par ailleurs, a indiqué M. Maurer, si la Suisse, pays neutre, a l’interdiction de vendre du matériel militaire à un Etat en guerre, dont Israël, rien ne l’empêche d’en importer, estimant qu’il n’y avait « pas de problèmes d’un point de vue des droits de l’Homme ».