La chaîne de télévision officielle du Fatah, Awdah, a diffusé 72 fois en novembre un clip vidéo qui célèbre le passé paramilitaire du parti, selon un rapport publié dimanche par Palestinian Media Watch (PMW).

La chanson, intitulée « De mes blessures a émergé mon arme », un chant de combat palestinien vieux de plusieurs dizaines d’années, a été largement diffusé à l’antenne dans les semaines qui ont précédé le septième Congrès du Fatah, une conférence de cinq jours qui a débuté le 29 novembre.

Pendant la conférence, le président de l’Autorité palestinienne (AP) et du Fatah, Mahmoud Abbas, a cherché à renforcer le soutien national au parti.

Les paroles de la chanson affirment notamment que « de mes blessures a émergé mon arme. Ô, notre révolution, mon arme a émergé. Il n’existe aucune force au monde qui peut retirer mon arme de ma main. »

Selon le rapport de PMW, la chanson comprend aussi des citations de l’ancien dirigeant palestinien Yasser Arafat, comme « pour notre mouvement, la ‘lutte armée’ signifie prendre part à une guerre des masses révolutionnaire. »

La chanson elle-même a été jouée dans la salle du congrès au siège de l’AP à Ramallah.

Le clip vidéo de la chanson diffusé par Awdah a été diffusé pour la première fois le 22 février 2015. Depuis, il a été à l’antenne des centaines de fois, selon le rapport.

Les scènes du clip proviennent de vidéos en noir et blanc d’anciens camps d’entraînement paramilitaires palestiniens. Arafat est vu en train de manier des fusils.

A quatre occasions en novembre, une version plus longue de la vidéo a été diffusée, qui comprenait une strophe supplémentaire, qui, selon le rapport, « célèbre la mort en combattant Israël. »

« Celui qui offre son sang s’en fiche, si son sang se répand sur le sol. Tant que l’arme de la révolution est dans ma main, alors ma présence sera imposée [à Israël] », dit la strophe.

Pendant son discours, le deuxième soir du Congrès du Fatah, Abbas a répété son appel à renouveler le comité tripartite qui surveille les incitations [à la haine et/ou à la violence] israéliennes et palestiniennes. Le comité avait été formé dans le cadre des accords de Wye River en 1998, et se réunissait tous les deux mois jusqu’à l’éclatement de la Seconde intifada, en septembre 2000.