Une émission comique de la télévision israélienne s’est amusée dimanche soir du débat actuel entourant le parti-pris perçu des médias étrangers contre Israël, avec un faux journaliste demandant à des citoyens israéliens pourquoi ils étaient si mauvais en génocide et se demandant si un autre Holocauste pourrait aider à améliorer les « relations publiques » de l’Etat juif.

Le programme télévisé « HaYom BaLayla », soit « Aujourd’hui, ce soir » en hébreu, est le bébé d’un comédien israélien, Guri Alfi. Dans le dernier épisode de l’émission comique d’actualité, Alfi s’en prend à la vision des médias internationaux par le public israélien.

« Que peut-on ne pas aimer à propos de Tel Aviv ? Beaucoup de choses, mais si vous aimez l’humidité, les homos et le houmous, vous êtes au bon endroit », a annoncé Jimothy Bryson Cook, de la chaîne de télévision inexistante WSK de Düsseldorf, en Allemagne, dans la vidéo.

« Jimothy » se promène dans la ville blanche, choquant les résidents avec des questions sur le génocide et le besoin d’un deuxième Holocauste. Mais le journaliste allemand est en fait un écrivain israélien et une personnalité de Facebook, Roy Iddan, avec une terrible perruque blonde.

« Peut-être ce dont nous avons besoin maintenant pour améliorer la légitimité d’Israël dans le monde est d’un autre Holocauste », dit-il à une Israélienne sidérée dans la vidéo.

« Dieu nous en préserve », répond-elle, avec une expression affligée sur le visage.

« Juste pour le truc des relations publiques, » essaie-t-il de lui expliquer.

« Le nombre d’Arabes en Palestine en 1948 – environ un million. Le nombre d’Arabes en Palestine maintenant – environ quatre millions. Pourquoi les juifs sont-ils si mauvais en génocide ? » demande-t-il à une femme âgée, qui répond en lui lançant un regard choqué.

Quand « Jimothy » arrive devant des locaux en train de nager dans la Méditerranée, ils leurs crient « Nagez loin, juifs. Nagez jusqu’en Pologne. »

Iddan en tant que Jimothy plaisant aussi sur l’usage de cocaïne et de cannabis dans la capitale culturelle d’Israël, demandant au maire adjoint de Tel Aviv s’il peut lui acheter de l’herbe et en faisant semblant de prendre de la cocaïne dans une salle de bain à côté du député Benny Begin.

En début de mois, le sujet du parti-pris des médias étrangers a été amené devant la Knesset quand les représentants des médias internationaux ont été appelés pour une réunion de la sous-commission de la guerre juridique, qui dépend de l’influente commission de la Défense et des Affaires étrangères.

La réunion de la sous commission a été déclenchée par un titre de la chaîne américaine CBS le 3 février après l’attaque par trois Palestiniens armés d’officiers de la police des frontières qui ont tué Hadar Cohen, 19 ans. Le titre était : « 3 Palestiniens tués alors que la violence quotidienne continue ».

Titre de l'article "biaisé" de CBSnews suite à l'attaque fatale dans la Vieille Ville de Jérusalem le 3 février 2016 (Crédit : capture d’écran @NTarnopolsky)

Titre de l’article « biaisé » de CBSnews suite à l’attaque fatale dans la Vieille Ville de Jérusalem le 3 février 2016 (Crédit : capture d’écran @NTarnopolsky)

Le dirigeant local de l’association de la presse étrangère, le chef du bureau de Jérusalem de Reuters Luke Baker, a déclaré à la commission qu’il rejetait fermement toute accusation lié à un parti-pris intrinsèque des médias internationaux contre Israël.

« Je ne pense vraiment pas que la presse étrangère soit partiale, a-t-il ajouté. Je ne pense pas que quiconque nie le fait qu’il y ait eu des erreurs, des problèmes de temps en temps. Parfois il a été plus dur de les corriger que d’autres. »

Les nombreuses organisations d’information opérant en Israël publient une « somme énorme de couverture avec très peu d’erreurs factuelles, a-t-il souligné. Je ne vois pas comment les médias devraient répondre en termes de parti-pris systématique. »