La surpopulation et la surconsommation humaines mènent la Terre à sa sixième extinction massive plus rapidement qu’on ne le pensait auparavant, la race humaine pouvant être éradiquée en cours de route, met en garde une nouvelle étude.

Bien que de nombreuses recherches portent sur le nombre d’espèces éteintes, cette étude, publiée cette semaine dans le journal Proceedings Of the National Academy of Sciences, examine le déclin de la taille et de la variété des populations vivantes au fil du temps.

Les scientifiques ont étudié 27 600 espèces de vertébrés terrestres – les créatures terrestres avec des épines dorsales, y compris des mammifères – et une liste plus détaillée de 177 espèces de mammifères.

Ce qu’ils ont constaté, c’est que les populations ont considérablement diminué au cours des dernières années et que l’étendue des terres sur lesquelles elles peuvent se promener lorsque les conditions climatiques – comme le réchauffement climatique – menacent leurs habitats, a considérablement diminué.

Sur les 177 espèces de mammifères étudiées, toutes ont perdu au moins 30 % de leur aire de répartition géographique et plus de 40 % d’espèces ont diminué en taille de la population d’au moins 80 %.

Bibi, une lionne de Marsh Pride, dans une capture d'écran d'un programme sur la faune de la BBC. Les Lions étaient autrefois des animaux communs au Moyen-Orient, mais ils ont vu leur nombre se réduire au fil du temps (Crédit : Capture d'écran YouTube / BBC Wildlife)

Bibi, une lionne de Marsh Pride, dans une capture d’écran d’un programme sur la faune de la BBC. Les Lions étaient autrefois des animaux communs au Moyen-Orient, mais ils ont vu leur nombre se réduire au fil du temps (Crédit : Capture d’écran YouTube / BBC Wildlife)

Les régions les plus touchées sont l’Asie suivie par l’Australie, l’Afrique, l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud.

Ces résultats n’indiquent rien de moins que « l’anéantissement biologique », concluent les scientifiques qui ajoutent qu’il y a « une érosion anthropique massive [due à l’humanité] de la biodiversité et des services écosystémiques essentiels à la civilisation ».

L’un des auteurs de l’étude est le biologiste Paul R. Ehrlich, un biologiste juif controversé de Stanford qui est un fervent défenseur du contrôle de la population.

Le professeur Paul Ehrlich (Crédit : Capture d'écran YouTube)

Le professeur Paul Ehrlich (Crédit : Capture d’écran YouTube)

Dans un article publié par le journal britannique The Guardian lundi, Ehrlich établit un lien direct entre la croissance démographique non contrôlée et la destruction de l’habitat, en affirmant que la race humaine a tellement augmenté que près de 40 % des sols terrestres sont maintenant cultivées pour la nourrir.

Les terres cultivées ne fournissent pas les conditions nécessaires pour que la faune puisse survivre. En outre, plus il y a de personnes, plus la demande en produits de la nature est élevée, comme le bois, la viande, le gaz et les terres aux richesses rares.

Non seulement les habitats des faunes se rétrécissent – ils sont de plus en plus empoisonnés par des produits chimiques, dit-il, même par ceux utilisés dans les produits de tous les jours tels que les cosmétiques et les conservateurs.

Photo illustrative de rameurs israéliens et un panneau d'avertissement mettant en garde contre l'eau polluée à l'extérieur de Haifa, le 18 mai 2013 (Crédit : Shay Levy / Flash 90)

Photo illustrative de rameurs israéliens et un panneau d’avertissement mettant en garde contre l’eau polluée à l’extérieur de Haifa, le 18 mai 2013 (Crédit : Shay Levy / Flash 90)

« On n’a pas nécessairement besoin d’être un scientifique pour savoir que la croissance de la population humaine et l’augmentation de la consommation humaine qui l’accompagne sont la cause fondamentale de la sixième extinction massive que nous voyons actuellement ».

« Tout ce que vous devez savoir est que chaque être vivant a évolué pour avoir un ensemble d’exigences en matière d’habitat ».

C’est ce changement rapide dans les habitats qui accélère l’approche de l’extinction.

« C’est simple. C’est nous. Plus il y a de gens, plus nous habitons des habitats. La civilisation humaine ne peut survivre que si la population commence à se rétrécir ».

En 2015, Ehrlich a prévenu que « nous sommes en train de scier la branche sur laquelle nous sommes assis ».

En 2014, une étude réalisée par le Fonds mondial pour la nature et la Société zoologique de Londres a révélé que la consommation humaine avait fait diminuer de moitié la quantité d’animaux sauvages sur Terre au cours des 40 dernières années.

Les scientifiques disent qu’il y a eu cinq extinctions massives de la vie sur terre au cours des 443 millions d’années.

La dernière a provoqué l’extinction des dinosaures et ouvert la voie à l’évolution des mammifères.