Une famille a récemment ouvert la sépulture d’un soldat que l’armée avait déclaré mort au combat lors de la guerre de Yom Kippour, pour découvrir qu’elle était vide, ont déclaré dimanche les médias israéliens.

Selon les rapports, le soldat, le caporal Tsion Taïeb, serait tombé le premier jour de la guerre au cours de l’attaque syrienne du mont Hermon, alors que son corps n’a jamais été retrouvé, affirme la radio israélienne.

Les Syriens ont été accusés d’avoir gardé en captivité plusieurs soldats au cours de l’attaque.

Mais Tsahal a annoncé plusieurs mois après les faits que Taïeb et plusieurs de ses compagnons d’unité avaient été trouvés dans une fosse commune et identifiés.

La famille du soldat met en doute depuis des années la version officielle, affirmant que Tsion Taïeb avait été capturé vivant par les forces syriennes en 1973.

L’année dernière, la Cour suprême a refusé une pétition qui leur aurait permis d’exhumer le corps, enterré au cimetière militaire du Mont Herzl à Jérusalem, afin d’identifier le cadavre.

Malgré cela, la famille a décidé de passer outre vendredi et d’ouvrir la tombe en compagnie de médecins légistes, selon un article de Yediot Aharonot publié dimanche.

Ils ont découvert que la tombe était vide alors qu’ils filmaient la scène, et ont remis le site dans son état initial. « Nous avons ouvert la tombe et creusé 1m80 mais il n’y avait rien » a déclaré au journal Katie Orr, la sœur du défunt.

Un porte-parole de Tsahal a déclaré en réaction qu’il n’y avait aucune raison d’ouvrir cette tombe, puisque la Cour suprême avait donné son avis et authentifié les faits.

Cette affaire arrive à la veille de la Journée du Souvenir (Yom Hazikaron), journée pendant laquelle le pays se recueille et rappelle la mémoire des 23 169 personnes tombées au combat ou victimes d’actes terroristes.

Les commémorations commenceront à 20h dimanche avec une sirène qui retentira dans l’ensemble du pays, une minute de silence, suivies par une cérémonie officielle au mur Occidental.

L’année dernière la sœur de Taïeb a affirmé à la radio israélienne 103FM que son frère avait été répertorié par l’armée comme officiellement disparu.

Peu de temps après, il aurait été inscrit comme captif puis, une fois les soldats libérés par les Syriens, Tsahal aurait informé la famille que, la neige ayant fondu sur le mont Hermon, le corps de Taïeb avait été retrouvé parmi cinquante autres dans une fosse commune.

Katie Orr a néanmoins revendiqué le fait qu’il n’y avait aucune preuve définitive que le corps de son frère se trouve parmi ces victimes. « Il n’y a aucune empreinte, et en fait absolument aucune preuve » a-t-elle déclaré à la radio.

Elle a aussi ajouté que dans tous les documents envoyés par l’armée à la famille, les faits ne tenaient pas debout. Selon elle, personne n’a vu son frère mourir et personne n’a jamais identifié son corps.

Orr a précisé que Tsahal avait même perdu toute sa crédibilité en demandant à un ancien soldat captif en Syrie – qui s’appellerait, selon elle, Ephraïm Zinger – de dire à la mère de Taïeb qu’il avait vécu avec lui ses derniers instants.

Quand la famille a recontré Zinger, « celui-ci nous a affirmé qu’il ne connaissait pas Tsion, qu’il ne l’avait jamais vu et qu’il ne pouvait apporter aucun élément de preuve le concernant ».

La famille prétend que dans les photos envoyées à Tsahal par l’armée syrienne un mois après la guerre, ils auraient vu un soldat captif qui – ils en sont convaincus – serait Tsion.

Le Yediot Aharonot a rapporté l’année dernière que, selon la famille Taïeb, un officier syrien capturé, qui a entraîné les soldats jusqu’à leur sépulture du mont Hermon, a identifié les soldats enterrés, mais Tsion Taïeb n’en faisait pas partie.

Le département « Portés disparus » de l’armée israélienne a lancé une enquête en 2000, dans laquelle elle affirme détenir des empreintes digitales de Taïeb quand il avait 10 ans.

La famille a opposé une fin de non-recevoir à cette affirmation.

Au cours des dernières années, le ministère de la Défense et l’avocat général ont tous deux rejeté la requête de la famille Taïeb d’exhumer le corps censé être celui du soldat Tsion.