La Turquie salue l’accord-cadre sur le nucléaire iranien et espère que Téhéran franchira les pas suivants pour qu’il débouche en juillet sur un accord complet, a déclaré vendredi à Vilnius le chef de la diplomatie d’Ankara Mevlüt Cavusoglu.

« Nous sommes très heureux de voir que cet accord a été conclu hier », a dit M. Cavusoglu lors d’une conférence de presse donnée avec son homologue lituanien.

Le ministre a exprimé l’espoir de voir « les parties parvenir à un accord final d’ici le 1er juillet », mais estimé que l’Iran avait encore des efforts à faire.

« Quand nous regardons les positions actuelles du groupe 5+1 et de l’Iran, l’Iran n’est pas encore sur la ligne que nous avons proposée en 2010 (pour un accord permettant notamment d’enrichir l’uranium dans un pays tiers, NDLR), mais j’espère que l’Iran sera en mesure de parvenir à cette ligne d’ici la fin juin », a expliqué le chef de la diplomatie turque.

Les grandes puissances et l’Iran ont conclu jeudi à Lausanne un accord-cadre pour résoudre le dossier du nucléaire iranien, une étape qualifiée d' »historique » en vue d’un accord final d’ici au 30 juin.

Le ministre a déclaré par ailleurs que la Turquie « pouvait apporter un soutien en matière de logistique et de renseignement » aux opérations menées par l’Arabie saoudite au Yémen contre les rebelles chiites Houthis.

La Syrie, alliée de l’Iran, a salué vendredi l’accord cadre conclu entre Téhéran et les grandes puissances sur le dossier nucléaire, estimant qu’il contribuera à « réduire les tensions au niveau international et régional ».

« La Syrie salue le communiqué publié à l’issue des discussions entre le groupe 5+1 (Etats-Unis, Chine, Grande-Bretagne, France, Russie et Allemagne) et l’Iran », a indiqué un responsable du ministère des Affaires étrangères, cité par l’agence officielle Sana.

« Cet accord cadre ainsi que les étapes positives qui suivront seront une nouvelle contribution de l’Iran pour promouvoir la paix et la sécurité internationale et réduire les tensions au niveau international », a ajouté le responsable.

Damas estime que les négociateurs iraniens sont parvenus avec succès à « défendre les intérêts de leur pays et son droit à l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques ».

« La Syrie réaffirme la nécessité pour les pays occidentaux de respecter le droit des pays en développement à promouvoir les nouvelles technologies et sciences », a ajouté Sana.

Téhéran et les grandes puissances ont réussi une vraie percée jeudi en s’entendant sur un accord d’étape sur le nucléaire iranien, âprement négocié depuis 18 mois.

L’Iran et les grandes puissances devront désormais se pencher sur les détails techniques complexes d’un accord définitif qui doit intervenir avant le 30 juin.

L’Iran est le principal allié régional du régime de Bachar al-Assad, confronté à une rébellion armée et à des jihadistes, qui se sont emparés de régions entières.

Le conflit dévastateur, débuté par des manifestations pacifiques durement réprimées par les autorités, entame sa cinquième année, après avoir déjà fait plus de 215.000 morts.