La Turquie a informé mercredi soir ses alliés de l’Otan sur la situation en Irak, où une cinquantaine de citoyens turcs ont été pris en otage au consulat de Mossoul, mais n’a pas fait de demande spécifique à ce stade, a-t-on appris de sources diplomatiques.

« C’était juste pour informer les alliés de la situation. Le représentant turc n’a rien demandé aux pays alliés », a indiqué cette source à l’AFP à l’issue de la réunion, qui s’est tenue au siège de l’Otan à Bruxelles.

La Turquie avait demandé que cette réunion des ambassadeurs des 28 Etats membres de l’Alliance atlantique se tienne « ce soir », avait indiqué un peu plus tôt un responsable de l’Otan s’exprimant sous le couvert de l’anonymat.

L’ambassadeur turc avait déjà fait le point sur la situation en Irak plus tôt dans la journée avec ses collègues du Conseil de l’Atlantique Nord (NAC), qui réunit tous les mercredis les ambassadeurs de l’Otan, selon un diplomate occidental.

Les combattants djihadistes de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), qui mènent depuis mardi une offensive fulgurante en Irak, ont investi mercredi le consulat turc de Mossoul et pris en otages près d’une cinquantaine de citoyens turcs qui se trouvaient à l’intérieur, dont le consul, des diplomates de son équipe, des soldats des forces spéciales et trois enfants, a annoncé à l’AFP un responsable turc.

Le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu a menacé dans la soirée des « représailles les plus sévères » les combattants islamistes en cas de menaces sur les otages.

Les Etats-Unis « se tiennent prêts » à venir en aide à l’Irak, confronté à une offensive de jihadistes qui ont pris au moins deux villes importantes, a indiqué mercredi la porte-parole du département d’Etat Jennifer Psaki.

Washington s’engage à « travailler avec le gouvernement irakien et les responsables à travers le pays pour apporter une réponse unie à l’agression de l’EIIL », les islamistes sunnites de l’Etat islamique en Irak et au Levant, a affirmé Mme Psaki.

« Nous continuerons à surveiller la situation de près et travaillerons avec nos partenaires internationaux pour essayer de répondre aux besoins de ceux qui ont été déplacés », avait expliqué le diplomate, dont la nomination à Bagdad doit être confirmée par le Congrès.

« On peut s’attendre à ce que (les Etats-Unis) augmentent leur aide » au gouvernement irakien, a renchéri Mme Psaki, soulignant que Washington avait déjà envoyé cette année des convois d’armes à l’Irak et accru son entraînement des forces de sécurité sur place.

« La situation est très grave sur le terrain », a insisté la porte-parole de la diplomatie américaine.

« La violence en Irak a atteint des niveaux qui n’avaient pas été constatés depuis 2007 », avait reconnu mercredi matin M. Jones.

Face à la résurgence jihadiste, le Pentagone avait rappelé mardi que l’armée américaine, malgré le retrait d’Irak fin 2011, continuait de former les forces irakiennes à des missions antiterroristes, notamment en Jordanie depuis le début de l’année.

Washington a également vendu pour 14 milliards de dollars d’équipements militaires à l’armée irakienne. En janvier, les Etats-Unis ont vendu 24 hélicoptères d’attaque Apache à Bagdad ainsi que des centaines de missiles antichar Hellfire et les deux premiers des 36 chasseurs-bombardiers F-16 achetés par l’Irak devraient être livrés « à l’automne », selon le Pentagone.