La Turquie est prête à étudier l’accueil sur son sol des chefs du mouvement islamiste des Frères musulmans, pressés par Washington de quitter leur refuge du Qatar, a annoncé son président Recep Tayyip Erdogan, cité mardi par la presse turque.

« S’ils expriment le souhait de venir en Turquie, nous étudierons leur demande », a déclaré M. Erdogan aux journalistes qui l’accompagnaient à son retour lundi soir d’une visite officielle dans l’émirat du Qatar.

« S’il y a la moindre raison qui les empêcherait de venir en Turquie, nous l’évaluerons. Et s’il n’y a aucun obstacle, nous leur accorderons le même droit qu’à tous les autres », a poursuivi le nouveau chef de l’Etat turc.

Le Qatar et la Turquie sont les principaux pays du Moyen-Orient à soutenir ouvertement les Frères musulmans depuis le renversement par l’armée égyptienne du président islamiste Mohamed Morsi en 2013.

Sous la pression des Etats-Unis et de l’Arabie saoudite notamment, le Qatar vient de faire des concessions à ses partenaires arabes en commençant à « réduire » les activités des Frères musulmans, dont certains dirigeants viennent de quitter le richissime émirat gazier.

Alors que Washington mobilise ses alliés contre l’Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie, plusieurs pays du Golfe s’inquiètent des activités de la confrérie, qu’ils considèrent comme une menace pour leur stabilité.

L’Egypte mène une répression sanglante contre les membres de ce mouvement, qu’elle qualifie de « terroriste ».