Les entreprises israéliennes spécialisées dans la haute technologie ont conclu 104 transactions ‘de sortie’ en 2016 dont la valeur totale s’élève à 10 milliards de dollars, ce qui représente une hausse de 12 % à par rapport à 2015, selon un nouveau rapport publié par le Centre de recherche IVC et du cabinet d’avocats Meitar Liquornik Geva Leshem Tal.

Les transactions de sortie sont soit des opérations de fusion ou d’acquisition, des rachats d’investisseurs ou des offres publiques initiales provenant des entreprises.

Le chiffre de 2016 comprend 93 opérations de fusions et d’acquisitions s’élevant à une valeur de 8,8 milliards de dollars, qui inclut la vente de la société de jeu en ligne Playtika à la société chinoise de jeux vidéo Giant Interactive pour un montant de 4,4 milliards de dollars, ce qui est la plus importante acquisition de cette année. Sans inclure l’accord de Playtika, les chiffres sur la sortie des technologies israéliennes hors du pays sont « sensiblement inférieurs aux années précédentes », a déclaré Alon Sahar, associé chez Meitar.

« Après plusieurs années de croissance, tant en termes de nombres d’accords que de leur produit, 2016 présente un ralentissement évident », a souligné Alon Sahar, partenaire chez Meitar.

« Il est impossible de dire si c’est le début d’une nouvelle tendance ou une correction naturelle en raison des hausses significatives dans les années précédentes. Nous devrons attendre quelques trimestres pour voir si le marché fait face à un changement profond ».

Il y avait huit rachats d’investisseurs en 2016, totalisant 1,22 milliard de dollars – et trois offres publiques initiales pour un total de 15,1 millions de dollars.

La moyenne d’une transaction de sortie technologique en 2016 était de 46,3 millions de dollars, soit 31 % de moins que la moyenne de l’année précédente, qui était à 67,2 millions de dollars, et 21 % de moins que la moyenne quinquennale.

Toutefois, « 2016 n’était en aucun cas médiocre », a déclaré Koby Simana, le PDG du Centre de recherche IVC. En effet, l’Exit Multiple moyen – calculé comme étant le rapport entre le capital investi dans les sociétés avant la sortie et le capital généré soit par l’introduction en bourse soit par les fusions et acquisitions, était de 4,34x, ce qui était un multiple plus élevé que la moyenne quinquennale, même s’il était plus faible que le multiple de 5,29x en 2014.

Le multiple de sortie relativement élevé, conjugué au nombre plus faible de transactions par rapport à 2015 – 104 contre 124 – suggère que « les entrepreneurs et les investisseurs ne poussent peut-être pas aux sorties technologiques comme ils l’ont fait autrefois » et envisagent d’autres alternatives, comme faire évoluer leur entreprise, a déclaré Simana.

La deuxième plus grande transaction en 2016 a été l’acquisition d’EZchip par Mellanox, toutes deux des sociétés israéliennes, pour un montant de 811 millions de dollars. Cette acquisition, associée à l’acquisition par Leaba Semiconductor de Cisco et à l’acquisition d’Altair Semiconductor par Sony, a établi le secteur des semi-conducteurs comme un leader incontesté des sorties technologiques en 2016, avec un record de 1,39 milliard de dollars, ce qui représente 32 % des sorties totales et plus du double de sa moyenne de ces cinq dernières années, indique le rapport.

L’année dernière a également été une année où les entreprises israéliennes ont fait des achats pour d’autres sociétés, ce qui a permis d’obtenir un chiffre record de 3,28 milliards de dollars en dépenses de fusions et acquisitions des sociétés israéliennes, en plus des 45 milliards de dollars de Teva Pharmaceuticals en 2016.

La cyber-sécurité continuera d’être l’un des plus forts secteurs technologiques en Israël, selon le rapport. Les start-ups ont enregistré des investissements record de 700 millions de dollars en 2016 et les multiples ont été bien au-dessus de la moyenne de l’industrie, mais ils sont tombés à 5,54x en 2016, contre 6,93x en 2015

« Avec plus de 450 entreprises israéliennes actives dans le domaine de la cyber-sécurité aujourd’hui, ce secteur devrait continuer à se développer, tout en produisant des sorties individuelles », indique le rapport.

Alors que le pôle automobile d’Israël est encore relativement jeune, avec un peu plus de 260 entreprises opérant dans ce groupe, il a « suscité un intérêt sérieux dans le monde entier », a déclaré le rapport.

En 2016, six transactions de sortie ont généré un total de 205 millions de dollars avec une moyenne de sortie de 11,8x au sein dans le pôle automobile.