La victime juive du massacre de Charlie Hebdo avait reçu des appels téléphoniques menaçants avant l’attaque. On lui avait « vivement conseillée » de démissionner du journal satirique, décrit la cousine d’Elsa Cayat sur la chaîne CNN.

Cayat, une chroniqueuse du magazine et psychiatre de profession, a été tuée lors de la fusillade en même temps que neuf autres de ces collègues, dont le caricaturiste juif, Georges Wolinski, et deux policiers.

Sophie Bramly affirme vendredi sur la chaîne de télévision américaine qu’elle était persuadée que sa cousine avait été visée parce que juive, « même si, évidemment, je ne peux pas en être
sûre ».

« Et lorsque j’ai parlé à son frère la nuit dernière, il me disait qu’elle recevait des appels téléphoniques depuis un bon moment, des appels anonymes où elles étaient fondamentalement traitée de sale juive. Vous devriez arrêter de travailler pour Charlie Hebdo ou nous allons vous tuer », relate-t-elle.

« Donc si vous tirez les conséquences [de ces appels], il semblerait que oui, elle a été sûrement tuée parce qu’elle était juive », poursuit Bramly, soulignant que les hommes armés « ont épargné toutes les femmes, elle a été la seule à être tuée. Et elle était la seule à être juive ».

Le frère de Cayat avait expliqué au The Independent que la famille avait ignoré les menaces de mort.

« Nous avons décidé que c’était juste des attaques verbales », ajoute Frederick. Nous ne pensions pas que ça arriverait vraiment. »

La sœur de Cayat, Béatrice, réfute, quant à elle, les affirmations selon lesquelles sa jeune sœur serait morte parce qu’elle était juive. Elle a déclaré à la chaîne CNN qu’Elsa avait été tuée parce qu’elle travaillait pour Charlie Hebdo, où « elle est morte pour la liberté de pensée ».

Bramly décrit Cayat, 54 ans, comme « une femme extrêmement passionnée » et une « psychanalyste brillante ».

La psychiatre, née en Tunisie, laisse derrière elle une fille et son mari.