Non loin de Bethléem, dans le Gush Etzion, les bourgs et les villages juifs et arabes émaillent les collines, mais l’on imagine volontiers tout ce monde se croiser sans vraiment cohabiter.

Pourtant, dans ce village non loin du Gush Etzion, dans la cuisine du centre Karama fondé par Ali Abu Awad, « d’où s’échappe une odeur sucrée, des femmes voilées mettent la touche finale au repas gargantuesque qui attend les convives, » raconte ce reportage de Paris Match.

Les invités ne sont pas pour autant à l’aise :

« Parmi les invités : hommes et femmes venus de Bethléem, de Ramallah ou des villages voisins, et Israéliens, habitants des colonies [implantations] qui bordent ce carrefour. L’ambiance est lourde ; pour beaucoup, c’est une première ».

Pour Abu Awad, le fondateur de ce lieu de dialogue la question des « colons » est secondaire : « les colonies sont illégales, mais elles sont là ».

Le rabbin Hanan Shlesinger qui a assuré la casheroute des aliments consommés ce soir là, avoue : « Il me manquait des pièces du puzzle, j’ai compris que les Palestiniens faisaient partie de la réalité. J’ai cessé de les voir comme une menace et j’ai ressenti le besoin de parler avec eux pour trouver une solution. Quand je suis venu pour la première fois ici et que j’ai vu quinze Palestiniens et quinze Juifs se parler, ma perception a changé radicalement ».

Des rencontres aux conséquences parfois difficiles à assumer. Comme lorsqu’un des participants a dû fermer son salon de coiffure et subir l’opprobre de sa famille pour avoir participé à ce genre de rencontre.