La vie reprenait son cours dans la bande de Gaza mercredi au deuxième jour d’un cessez-le-feu persistant mais suspendu à des discussions très ardues avec les Egyptiens pour intercesseurs entre Israéliens et Palestiniens.

Un semblant de relative normalité revenait dans le territoire dévasté où les Gazaouis avaient l’air de croire que le cessez-le-feu de 72 heures accepté par Israël et le Hamas et entré en vigueur mardi à 08H00 pouvait tenir, à la différence de tous les précédents.

Il appartient à présent aux Israéliens et aux Palestiniens envoyés au Caire de le transformer en trêve durable lors de discussions indirectes avec l’entremise de l’Egypte, habituel médiateur de ces conflits en tant que grand voisin et l’un des deux seuls pays arabes à avoir signé un accord de paix avec Israël.

Ces discussions s’annoncent très difficiles, avec des exigences à première vue irréconciliables et une multiplicité d’acteurs aux intérêts divergents.

L’armée israélienne dit avoir retiré tous ses soldats de la bande de Gaza. Mais elle se tient prête à riposter à toute attaque, a-t-elle prévenu.

Les Gazaouis, eux, ont rouvert leurs marchés et leurs banques. Des dizaines de pêcheurs ont repris la mer pour la première fois depuis des semaines. Les policiers réglaient à nouveau la circulation dans la ville martyre de Rafah.

Pour Gaza, la grande entreprise de reconstruction va devoir commencer.

La guerre a causé entre 4 et 6 milliards de dollars de dégâts directs, mais l’addition pourrait être bien plus salée, selon le vice-ministre palestinien de l’Economie Tayssir Amro.

Les secours palestiniens menaient ainsi de front les tâches de déblaiement des rues et de recherche des corps encore prisonniers des décombres à Chajaya et Khuzaa, rapportaient les correspondants de l’AFP. Les salariés des compagnies d’électricité s’employaient à rétablir le courant. Les Gazaouis ont eu deux heures d’électricité mardi.

Qui a gagné ? ‘Personne’

Les responsables israéliens se montraient discrets mercredi matin après les déclarations de la plus grande fermeté au cours des derniers jours.

Côté palestinien, l’intransigeance restait de mise, en tout cas publiquement. Interrogé par l’AFP sur la volonté israélienne de lier la reconstruction de la bande de Gaza à sa démilitarisation, Ezzat al-Rishq, un des responsables du Hamas, a répondu mardi soir : « Nous ne prêterons aucune attention à la moindre proposition sur le sujet. Et quiconque croit pouvoir formuler de telles exigences parce qu’il aurait gagné la bataille se trompe ». « Nous ôterons la vie à quiconque essaiera de nous ôter nos armes », a-t-il ajouté.

Signe apparent que les armes pourraient s’être tues pour un certain temps et que la parole était à présent à la négociation, on soupesait de chaque côté qui avait gagné la guerre.

Personne, estiment 51 % des Israéliens, selon un sondage publié par le quotidien Haaretz.

Ismael Haniyeh, ex-Premier ministre du Hamas à Gaza et numéro deux du bureau politique du Hamas, a parlé lui d’une « victoire militaire de la résistance » qui conduira à la levée du blocus selon lui.

« Ce que l’occupant n’a pas pu obtenir sur le champ de bataille, il ne pourra pas non plus l’obtenir sur la scène politique. Notre délégation au Caire (…) ne cèdera sur aucune de nos exigences », a-t-il dit.

Les Etats-Unis ont indiqué qu’ils participeraient « probablement » aux négociations. Le secrétaire d’Etat John Kerry a appelé à aborder à cette occasion « les questions cruciales à plus long terme ».

« Comment allons-nous éliminer ces roquettes, comment allons-nous démilitariser (la bande de Gaza) et comment avancer vers un avenir meilleur », a plaidé le chef de la diplomatie américaine, dans un entretien accordé à la BBC World News appelant Israéliens et Palestiniens à se rasseoir à cette occasion à la table des négociations pour « essayer de résoudre la question des deux Etats » israéliens et palestiniens.

Les Israéliens ont cependant clairement signifié que la campagne de Gaza n’avait rien à voir pour eux avec les efforts plus globaux de paix israélo-palestinienne, en piteux état.