La mairie d’une ville de la banlieue de paris a mis à l’honneur un chef d’une faction du Fatah, Marwan Barghouti, qui purge actuellement plusieurs peines d’emprisonnement à vie en Israël pour des actes de terrorisme contre des civils.

La nomination de Barghouti comme citoyen d’honneur de la ville d’Aubervilliers, le 22 décembre, survient rapidement après qu’un tribunal a annulé la décision de la ville de Bezons de nommer Majdi Irhima al-Rimawi citoyen d’honneur. Ce dernier a tué le ministre israélien du Tourisme, Rehavam Zeevi plus de dix ans auparavant.

Le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France [CRIF], la fédération qui rassemble plusieurs institutions juives, a écrit au maire d’Aubervilliers, Pascal Beaudet, un élu communiste, pour protester contre la décision d’honorer Barghouti.

La ville explique dans un communiqué que cette décision a été prise pour respecter son engagement visant à soutenir les prisonniers politiques, comme Barghouti ou le feu président d’Afrique du Sud, Nelson Mandela.

« Nelson Mandela, à qui vous avez l’audace de faire référence, était effectivement un militant politique condamné à une peine de prison, mais pour ses opinions – et non pas pour ses actions », a écrit le président du CRIF, Roger Cukierman.

Aubervilliers, France (Crédit : Wikimedia Commons/CC BY-SA 3.0)

Aubervilliers, France (Crédit : Wikimedia Commons/CC BY-SA 3.0)

En septembre, un autre maire communiste d’une ville située près de Paris avait décidé d’honorer Barghouti, en donnant son nom à une rue.

La maire de Valenton, Françoise Baud, a aussi nommé un square au nom de Mandela le même jour.

Le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme, [BNCVA], mène actuellement une bataille juridique contre la ville de Valenton pour obtenir que la ville revienne sur sa décision de nommer une allée du nom de Barghouti. Le BNCVA explique que cette décision constitue une incitation à la violence à une époque où les crimes antisémites augmente.