La Vingtième chaîne israélienne, plutôt à droite, pourrait subir de lourdes pénalités et même être fermée pour avoir violé les termes de sa licence en diffusant des programmes d’informations, notamment deux interviews du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Yifat Ben-Chai Segev, le président du conseil de surveillance de la télévision israélienne, qui dépend du ministère des Communications, recommandait que le régulateur annule les quatre millions de shekels de garantie de la chaîne, une mesure précédant la suspension de sa licence. Le conseil s’est réuni jeudi pour discuter des sanctions proposées.

Plusieurs ministres ont eux promis que la chaîne ne serait pas fermée.

« La Vingtième chaîne continuera à exister, et personne ne la fermera », a déclaré jeudi matin Ayoub Kara, ministre des Communications du Likud, à la radio publique israélienne. « Tant qu’il est possible de créer de la concurrence parmi les médias, je le ferai. »

Gilad Erdan, ministre de la Sécurité intérieure, pendant la cérémonie de Yom HaAtsmaout de la police, à Jérusalem, le 26 avril 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Gilad Erdan, ministre de la Sécurité intérieure, pendant la cérémonie de Yom HaAtsmaout de la police, à Jérusalem, le 26 avril 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Gilad Erdan, ministre de la Sécurité intérieure du Likud, a déclaré qu’il n’était « pas logique, et certainement pas juste, de prendre des sanctions contre la Vingtième chaîne », alors que le gouvernement « promeut une politique d’augmentation de la concurrence sur le marché. »

Le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu a indiqué qu’il présenterait des réformes pour ouvrir le marché des médias à la concurrence, notamment en laissant carte blanche aux chaînes généralistes sur leur contenu. Le gouvernement n’a cependant toujours pas présenté cette réforme à la Knesset.

Netanyahu critique régulièrement les médias israéliens, jugés trop à gauche, et a tenté sans succès de faire tomber le nouveau radiodiffuseur public, Kan. Il a également défendu la Vingtième chaîne, considérée comme un changement bienvenu dans le paysage audiovisuel israélien, et lui a accordé deux interviews, alors qu’il ne s’exprime que très rarement dans les médias israéliens.

Selon une loi de 1982, les chaînes de télévision du pays sont soumises à la juridiction d’un conseil qui détermine les termes de leur licence.

« La Vingtième chaîne représente une voix importante et différente dans les médias israéliens, et fermer la chaîne nuirait à la liberté d’expression », a déclaré jeudi, sur Twitter, le ministre de l’Education, Naftali Bennett. « J’appelle le Premier ministre et le ministre des Communications à garantir son existence et sa prospérité. »

« L’intention de fermer la Vingtième chaîne, comme le danger de fermeture qui pesait sur la Dixième chaîne il y a trois ans, jette une ombre sur la démocratie israélienne », a écrit le président Reuven Rivlin sur Facebook jeudi.

« Les considérations de régulation sont importantes et doivent être respectées, mais ce qui est encore plus important, c’est le discours démocratique varié, l’exposition à une vaste gamme d’opinions et de prises [de position]. » Il a ajouté que c’était une condition nécessaire pour une « démocratie saine ».