Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères français, se rendra à Téhéran le 29 juillet prochain.

À cette occasion les critiques à son égard se sont multipliées sur place rapporte Courrier International.

Des sites d’information iraniens reviennent sur la position tranchée du ministre français pendant les négociations sur le nucléaire iranien.

Selon les termes d’un article paru dans Jahan News, Laurent Fabius aurait mis « des bâtons dans les roues » à l’édification d’un accord.

Comme le rapporte Courrier International, la réputation de Laurent Fabius n’est pas à son avantage en Iran. Jahan News, rappelle l’affaire du sang contaminé, qui avait eu lieu lorsque ce dernier était Premier ministre en France.

L’agence de presse Fars, proche des conservateurs, cite Mojtaba Zolnour, ancien représentant du guide suprême l’ayatollah Ali Khamenei au sein des Gardiens de la révolution, qui souligne que le ministre français « vient en Iran pendant la semaine du soutien aux hémophiles, ce qui nous rappelle nos chers compatriotes qui sont morts à cause de l’importation de sang contaminé dont le principal responsable est Fabius ».

Laurent Fabius était Premier ministre quand a éclaté en France dans les années 1980 l’affaire du sang contaminé.

Le Centre national de transfusion sanguine avait distribué des produits sanguins contaminés par le VIH, provoquant le mort de centaines de personnes en France où ces produits avaient ensuite été interdits.

Mais des lots de sang contaminé avaient continué à être exportés à l’étranger, notamment en Iran, y entraînant l’infection et la mort de plusieurs centaines de personnes.

En 1999, Laurent Fabius avait été innocenté par la justice française.

Face à ces attaques – contenues dans d’autres médias proches des milieux conservateurs et portant également sur le soutien de la France à l’Irak pendant la guerre avec l’Iran (1980-1988) – le ministre iranien de la Santé, Seyed Hassan Hashemi, a pris la défense de Laurent Fabius.

« Fabius est une personnalité internationale (…) il n’est pas dans l’intérêt du pays de soulever cette question (du sang contaminé) maintenant », selon lui. « Comme par exemple, si demain une personnalité allemande voulait venir en Iran, on soulevait la question du rôle de l’Allemagne pendant (la Seconde) Guerre » mondiale, a-t-il ajouté.

Il a toutefois ajouté que l’Iran et la France avaient « une querelle juridique » sur cette question.

A Paris, le président François Hollande a déclaré lundi que la visite de Laurent Fabius en Iran serait un test pour Téhéran, après la conclusion de l’accord historique sur le programme nucléaire iranien.

« Fabius, c’est la France (…) La manière dont il sera accueilli sera pour nous une évaluation du comportement de l’Iran », a-t-il dit.

L’AFP a contribué à cet article.