Deux organisations juives américaines ont rejoint le chœur des associations critiquant la déclaration du président américain Donald Trump pour la Journée internationale de commémoration de l’Holocauste, qui ne mentionnait ni les victimes juives des nazis, ni l’antisémitisme.

L’Organisation sioniste d’Amérique (ZOA) a exprimé son « chagrin et [sa] peine profonde » à la lecture du communiqué.

Dans un communiqué de presse publié dimanche soir, Morton A. Klein, le président national de la ZOA, a rendu hommage à Trump, un « grand ami et partisan » d’Israël et du peuple juif.

Il a néanmoins écrit que, « particulièrement en tant qu’enfant de survivants de l’Holocauste, moi et la ZOA sommes obligés d’exprimer notre chagrin et notre peine profonde après que le président Trump, dans son message de la Journée de commémoration de l’Holocauste, a omis de mentionner l’antisémitisme et les six millions de juifs qui ont été visés et assassinés par le régime allemand nazi et d’autres. »

Dans sa première déclaration sur l’Holocauste en tant que président, Trump a cité vendredi « les victimes, les survivants, les héros de l’Holocauste », mais n’a pas mentionné les juifs ou l’antisémitisme, ce qui était la règle de ses prédécesseurs Barack Obama et George W. Bush.

Un porte-parole de la Coalition juive républicaine a déclaré que « l’absence de déclaration directe sur la souffrance du peuple juif pendant l’Holocauste était une omission malheureuse. »

« L’Histoire montre sans ambigüité que l’objectif de la solution finale des nazis était l’extermination des juifs d’Europe. Nous espérons qu’il transmettra ces sentiments quand il parlera de l’Holocauste », a déclaré Fred Brown à Politico.

Jonathan A. Greenblatt, directeur exécutif de la Ligue anti-diffamation (ADL), à Los Angeles, le 6 novembre 2014. (Crédit : ADL)

Jonathan A. Greenblatt, directeur exécutif de la Ligue anti-diffamation (ADL), à Los Angeles, le 6 novembre 2014. (Crédit : ADL)

Le directeur exécutif de l’Anti-Defamation League (ADL), Jonathan Greenblatt, a critiqué vendredi cette déclaration, affirmant que l’omission était « troublante et perturbante ».

L’année dernière, la ZOA avait été l’une des associations qui avait critiqué le Premier ministre canadien Justin Trudeau, qui avait publié un communiqué pour la Journée internationale de commémoration de l’Holocauste qui ne citait pas les juifs.

Répondant aux critiques de l’ADL et d’autres associations, le directeur de cabinet de la Maison Blanche, Reince Priebus, a déclaré dimanche matin qu’ n’y avait « pas d’intentions blessantes, offensantes ou de mauvaise volonté » à ne pas citer les juifs ou l’antisémitisme dans le communiqué, ajoutant que la Maison Blanche « n’oubliera évidemment jamais le peuple juif qui a souffert pendant la Seconde Guerre mondiale. »

La ZOA a probablement été l’association juive la plus ouvertement pro-Trump depuis son arrivée au pouvoir. Elle a publié des communiqués saluant la nomination de David Friedman au poste d’ambassadeur des Etats-Unis en Israël ; l’intention de Trump de déplacer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, et le décret exécutif signé vendredi qui interdit l’entrée des Etats-Unis aux ressortissants de sept pays majoritairement musulmans.

Le président de la ZOA, Morton A. Klein. (Crédit : Joseph Savetsky/autorisation de la ZOA)

Le président de la ZOA, Morton A. Klein. (Crédit : Joseph Savetsky/autorisation de la ZOA)

Racontant sa propre histoire de fils de survivants de l’Holocauste, Klein a cité une critique brûlante de la Maison Blanche par John Podhoretz, ancien conseiller de Reagan à la Maison Blanche, qui a écrit samedi qu’universaliser l’Holocauste « revient à dépouiller l’Holocauste de son sens. »

Klein a ajouté que « la ZOA espère que le président Trump ordonnera à son équipe et à Reince Priebus de rectifier immédiatement cette omission douloureuse. »