Les quatre pays arabes qui ont imposé des sanctions au Qatar ont jugé mardi « insuffisant » l’accord de lutte anti-terroriste que viennent de signer Doha et Washington, selon un communiqué commun de l’Arabie saoudite, du Bahreïn, de l’Egypte et des Emirats arabes unis.

« Ce pas est insuffisant », écrivent ces pays dans le texte cité par l’agence de presse saoudienne SPA. Ils ajoutent qu’ils « surveilleront de près le sérieux des autorités qataries dans leur combat contre toutes formes de financement et de soutien du terrorisme ».

L’accord annoncé mardi pendant la visite du secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson est « le résultat de pressions et d’appels répétés durant ces dernières années des quatre pays arabes et de leurs partenaires à l’encontre du Qatar pour qu’il cesse de soutenir le terrorisme », selon ces pays.

Ils estiment que les engagements des autorités qataries « ne sont pas fiables », affirmant que de précédents engagements n’ont pas été tenus. Ils appellent donc à une « des contrôles stricts pour s’assurer de leur sérieux dans un retour sur le bon chemin ».

Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson, à Washington, D.C., le 23 mars 2017. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)

Le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson, à Washington, D.C., le 23 mars 2017. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)

Tillerson a entamé lundi à Koweït une tournée dans le Golfe pour aider à trouver une issue à la crise inédite entre le Qatar et ses voisins, dont la puissante Arabie saoudite, à propos du soutien présumé de Doha aux groupes extrémistes et de ses liens avec l’Iran.

Le Qatar rejette les accusations de « soutien au terrorisme » et refuse que lui soit dictée sa politique étrangère, alors que l’Iran chiite est le grand rival régional du royaume saoudien sunnite.

Le 5 juin, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte ont rompu avec le Qatar et lui ont imposé des sanctions économiques.

Pour revenir sur leurs sanctions, les quatre pays ont exigé le 22 juin la satisfaction de 13 demandes, dont la fermeture de la télévision Al-Jazeera et d’une base turque, ainsi qu’une révision des liens avec l’Iran.

Doha a rejeté en bloc ces demandes, estimant qu’elles violaient sa souveraineté.