L’apparition de Donald Trump aux côtés du président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas a dû être un spectacle très troublant pour le bureau du Premier ministre à Jérusalem.

L’accueil du président américain, dont on attendait davantage de sévérité de sa part à l’égard des Palestiniens, comparé à son prédécesseur Barack Obama, aurait difficilement pu être plus chaleureux, courtois et bienveillant.

Le président américain qui n’a pas donné carte blanche aux implantations, qui n’a pas – pour le moment – déplacé son ambassade à Jérusalem, a une fois de plus déçu le Premier ministre Benjamin Netanyahu : il n’aurait pas pu être plus doux à l’égard d’Abbas.

Netanyahu maintient que le gouvernement que dirige Abbas incite à la violence et à l’hostilité à l’encontre d’Israël, et par voie de conséquence, encourage la violence et le terrorisme. Le Premier ministre est excédé par le fait qu’Abbas subvient financièrement aux besoins des terroristes et de leur familles en leur versant des salaires, récompensant ainsi les attentats perpétrés contre Israël. Pour faire simple, Netanyahu considère qu’Abbas fait partie intégrante du problème, et qu’il représente un obstacle à la paix.

Trump, de son côté, a été clair sur le fait qu’il considère Abbas comme un élément central et viable de la solution.

Il a félicité Abbas pour sa signature des accords d’Oslo sur la pelouse de la Maison Blanche il y a 24 ans, et a rappelé que son invité était signataire de ce premier accord et qu’il espérait que le président de l’AP serait, au moment venu, en mesure de signer un accord final et permanent.

En plaçant Abbas du bon côté de la lutte anti-terrorisme, Trump a souligné qu’Abbas s’était élevé contre le terrorisme, et il s’est réjoui de la relation « incroyable » et « merveilleuse » que les forces de sécurité d’Abbas entretiennent avec leurs homologues israéliennes.

Il a bien évidemment spécifié qu’il n’y aurait « pas de paix durable » à moins que les Palestiniens ne parlent d’une seule voix contre la violence et la haine. Mais c’est là que le bât blesse : aucune accusation directe n’a été prononcée à l’encontre d’Abbas.

Il a parlé du désir de découvrir le potentiel économique du peuple palestinien.

Il a salué les « grands » dirigeants israéliens, y compris Netanyahu, puis a immédiatement parlé des « grands » représentants palestiniens.

Il a même parlé de ce qu’il décrit comme la contribution des Palestiniens au bien-être américain, notamment des partenariats existants en matière de sécurité régionale et de lutte anti-terrorisme.

Le président américain Donald Trump avec le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 3 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

Le président américain Donald Trump avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 3 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

Trump a été très clair : il veut un accord de paix et fera tout ce qui est en son pouvoir pour le négocier, mais il ne l’imposera pas. Abbas n’aurait pas pu être plus ravi.

Vous pouvez être sûrs que beaucoup de choses se sont passées en coulisses à propos du contenu du quart d’heure de discours de Trump aux côtés d’Abbas. Vous pouvez être sûrs qu’Israël aurait voulu que le président américain soulève certains points. L’ambassadeur israélien aux États-Unis, Ron Dermer, étroitement en contact avec les grands noms de l’administration, a probablement fait partie de ces tribulations. Mais, sur les messages que Netanyahu aurait voulu voir véhiculés, peu de ces messages, voire aucun, n’auront été mentionnés.

À quel point l’accueil du président américain était-il chaleureux et bienveillant ? Au point que, si vous ne regardiez pas, et que vous ne saviez pas que le président de l’Autorité palestinienne se tenait à ses côtés, vous auriez pu croire que Trump, s’adressant si gentiment à son invité, accueillait un chef d’État israélien.