L’actrice Shoshana Roberts, qui tient le rôle principal dans la vidéo contre le harcèlement dans la rue, indique d’elle a reçu des dizaines de menaces de viol et de mort depuis que le clip a été posté sur YouTube mardi.

A ce jour, la vidéo « 10 Hours of Walking in NYC as a Woman » [10 dans les rues de New York en tant que femme], a été vues 23 millions de fois et a fait l’objet de 100 000 commentaires.

La vidéo de deux minutes, montée à partir de dix heures de tournages filmés en caméra cachée par le producteur Rob Bliss, montre Roberts en train de marcher dans les rues de New York vêtue simplement – en jean et en t-shirt – et qui, volontairement, n’interagit pas avec la centaine d’hommes qui la siffle ou la suit.

Cette vidéo fait suite à des projets similaires filmés au Caire et à Bruxelles et ont toutes été produites par Hollaback !, une organisation qui lutte contre le harcèlement de rue.

« Mon travail est de traiter du problème du harcèlement dans la rue et quand j’ai vu la vidéo pour la première fois, même si je fais ce travail à longueur de journée, mon ventre s’est retourné », raconte Emily May, la directrice exécutif de Hollabak !, à Reuters.

L’actrice, qui selon Forward est membre de Hillel et a des connaissances en hébreu, a expliqué à Reuters que ce projet lui tenait particulièrement à cœur, – étant elle-même une victime d’agression sexuelle.

« Malheureusement, j’ai, dans le passé, vécu une agression sexuelle et malheureusement, à chaque fois que ce genre de choses arrive, je la revis », précise Roberts. « Heureusement, je me suis construite une carapace mais j’ai toujours peur ».

Même si ceux qui ont monté la vidéo ont été critiqués – et ont été parodiés sur le site Funny or Die – sur le peu de ‘siffleurs’ caucasiens qui apparaissent dans le clip, Bliss, cité par Reddit, a déclaré que les proportions sont « relativement égales ».

« Nous avons eu un bon nombre de gars blancs, mais pour une raison ou une autre, beaucoup d’entre eux disaient des choses en passant ou hors-caméra. Donc, leur scène était beaucoup plus courte, mais la proportion, en elle-même, reste relativement égale », a-t-il affirmé. Bliss n’a pas été payé pour ce projet, il a fait don de son temps et de son travail.

« De par mon expérience, et de ce que nous avons vu, ça vient de tout le monde », a indiqué Roberts à l’AP, déclaration qui vient appuyer les dires de Bliss.

Jeudi, l’organisation hallaback ! a publié un communiqué sur son site relatif aux accusations de préjugés raciaux dans la vidéo.

« Hollaback ! sait que le problème du harcèlement est un problème étendu perpétué par une diversité d’individus indépendamment de leur race. Il n’y a pas un profil type d’harceleur et le harcèlement peut prendre de nombreuses formes », écrit l’organisation.

Sur son site, Hollaback publie une recherche qui indique que 80 à 90 % des femmes ont été harcelées en public au moins une fois dans leur vie. Le but de l’organisation est de mettre en avant ces incidents pour pousser les femmes à en parler.

« Nous sommes persuadés qu’en continuant à raconter et à dresser une carte de ses histoires, nos voix vont finir par écorner cette culture qui rend possible cette violence sexiste ».

Dans le cas précis de ce que l’organisation appelle « l’assaut de menaces de viols et de mort » contre l’actrice Roberts, l’organisation a écrit à ce sujet, « quand les femmes sont visibles sur les espaces en ligne ou hors ligne, elles sont victimes de harcèlement. Quand les femmes exigent le changement, elles reçoivent des demandes violentes pour qu’elles se taisent ».