De la Une du Monde titrant sur « l’antisémitisme du quotidien », au quotidien de l’antisémitisme dans la famille Merah dévoilé lors du procès; de la dégradation volontaire de la stèle en mémoire d’Ilan Halimi à Bagneux au déferlement, sur les réseaux sociaux de messages voyant la main des sionistes derrière les accusations de viols et de violences sexuelles visant Tariq Ramadan, l’antisémitisme a prouvé qu’il conserve en France une certaine jeunesse.

Dans Le Point, Me Francis Szpiner, avocat de la famille Halimi, pense que depuis l’affaire Halimi, au début de laquelle on avait assisté à « une négation du caractère antisémite du crime » – les chose n’ont pas changé.

« Un inspecteur de l’Éducation nationale disait à l’époque de l’affaire que l’on ne pouvait pas scolariser d’enfants juifs dans certains collèges et lycées de banlieue, explique Szpiner. Récemment, un principal d’un collège de Marseille l’a répété. Et la société française ne s’indigne pas… ».

Il analyse : « Beaucoup pensent que l’antisémitisme puise ses racines dans l’extrême droite, mais peu osent dire qu’il y a une tradition de cette haine dans l’extrême gauche. Cette même gauche qui refuse de voir que l’antisémitisme peut naître dans la culture de banlieue, là où l’islamisme le plus radical germe avec la complaisance de certaines élites intellectuelles et politiques ».