L’agence officielle syrienne Sana a lancé dimanche pour la première fois des dépêches en hébreu sur son site internet, alors qu’Israël et la Syrie sont toujours en état de guerre, a déclaré son directeur général Ahmad Dawa.

« Nous voulons nous adresser à tous ceux qui parlent cette langue. Notre objectif est d’atteindre le plus grand nombre de personnes et de clarifier l’image de la Syrie », déchirée par une guerre meurtrière depuis plus de trois ans, a expliqué lundi à l’AFP M. Dawa.

Le directeur de l’agence Sana a indiqué vouloir s’adresser aux « nombreux citoyens résidant dans le Golan occupé (par Israël), aux Arabes (israéliens) en Palestine, ainsi qu’aux (citoyens) en Israël, (…) d’une façon qui reflète la vérité ».

« Nous voulons diffuser des informations impartiales (…) sur les agressions et violations commises à l’encontre des peuples palestinien et syrien », a-t-il poursuivi.

Concomitamment, Sana a lancé un service en farsi, l’Iran étant un allié du régime de Bashar el-Assad.

Les départements en hébreu et farsi emploient chacun six rédacteurs, diffusant « surtout des informations sur la Syrie », a indiqué M. Dawa, affirmant que « c’est la première fois » que Sana diffuse des informations dans ces deux langues.

Outre l’arabe, le site internet de l’agence diffuse ses informations en sept langues, dont le français, l’anglais, le russe et le turc.

La télévision officielle syrienne avait diffusé durant quelques mois en 2002 des bulletins d’information en hébreu avant d’arrêter faute de personnel suffisant connaissant cette langue. L’hébreu n’est pas enseigné en Syrie à l’université.

L’un des journalistes Mohammad Khodr Omar a affirmé à l’AFP « l’avoir appris à l’armée comme la majorité de ses collègues ». Ce département des langues, selon lui, a existé de 1978 à 1990.

En mai 2012, il ne restait que 22 juifs en Syrie, tous à Damas, sur plus de 30 000 que comptait cette communauté en 1948.