Un adolescent israélien de 16 ans atteint d’un cancer, qui a reçu l’ordre d’un tribunal de subir une chimiothérapie, a exhorté les gens à l’aider à lutter contre ce traitement obligatoire, en demandant dans une vidéo diffusée dimanche : « même si je dois mourir, laissez-moi mourir avec dignité ».

La semaine dernière, un juge dans la ville de Tibériade a ordonné à la police de ramener l’adolescent au Centre médical Rambam à Haïfa pour recevoir le traitement après qu’il s’est enfui de l’hôpital.

Dans la vidéo, l’adolescent, dont l’identité n’a pas été révélée, déclare : « Chère nation d’Israël, je demande à tous ceux qui le peuvent de venir manifester ici à l’entrée du Centre médical Rambam à Haïfa contre le traitement forcé qu’ils veulent me forcer à subir ».

« Même si je dois mourir », a-t-il imploré, « laissez-moi mourir avec dignité, c’est tout ce que je demande ».

L’adolescent, qui vient d’une maison ultra-orthodoxe, a déclaré aux informations de la Deuxième chaîne la semaine dernière : « ces traitements, ils ne vont pas m’aider. Ils ne feront que faire empirer les choses. Seule la prière aidera à me guérir ».

Cette affaire intervient alors que les avantages de la chimiothérapie font l’objet d’un débat virulent des professionnels médicaux.

La semaine dernière, l’Oncology Journal de l’American Medical Association a publié une étude montrant que dans de nombreux cas la chimiothérapie a un effet négatif dans la période menant à la mort d’un patient.

Grâce à des entrevues avec des membres de la famille et des proches du défunt, dans les cas où les patients ont reçu une chimiothérapie, 56 % ont signalés que le patient avait eu une moins bonne qualité de vie dans la dernière semaine de leur vie, comparativement au 31 % de ceux qui n’ont pas subi de traitement.

« Cela a diminué la qualité de vie de ceux qui sont relativement en bonne santé, et ce sont ceux qui sont visés par les lignes directrices pour le traitement », a précisé le Dr Charles D. Blanke, un oncologue à l’Oregon Health and Science University qui n’a pas participé à l’étude, au New York Times.

« La chimiothérapie est censée aider les gens à vivre mieux ou à les aider à vivre plus longtemps, et cette étude a démontré que la chimiothérapie n’apporte aucun des deux effets ».

L’étude a suivi 312 patients atteints de cancer à des stades terminaux, dont la moitié a opté pour une chimiothérapie. Les résultats de l’étude ont depuis été publiés dans les médias dans le monde.

L’an dernier, à la demande de ses médecins, un tribunal de famille de Tibériade a ordonné à l’adolescent, qui souffre d’une leucémie lymphatique, de se soumette à une chimiothérapie et à une radiothérapie contre sa volonté et celle de ses parents.

Le tribunal a déclaré que le garçon n’avait pas reçu des informations précises quant à ses chances de récupération s’il cessait le traitement invasif.

Le garçon a été diagnostiqué il y a six ans avec un cancer du sang. Il était en rémission après avoir subi une chimiothérapie standard. Plusieurs mois plus tard, le cancer est revenu et les médecins de Bnei Zion Medical Center de Haïfa ont conclu qu’une nouvelle chimiothérapie et de la radiothérapie lui donneraient un meilleur pronostic.

Ils l’ont prévenu que le fait de retarder ou de renoncer à un traitement rendrait susceptible la propagation du cancer vers sa moelle osseuse, ce qui compliquerait les options de traitement et réduirait considérablement ses chances de guérison.

Cependant, ses parents ont rejeté le traitement proposé par les médecins, disant que les résultats des tests post-chirurgie de leur fils ont montré que le cancer avait été éliminé avec succès et que leur fils était en bonne santé. Ils ont fait valoir qu’une autre chimiothérapie aurait un impact négatif sur sa santé physique et émotionnelle.

Les parents ont également déclaré que le rabbin de la famille leur avait recommandé de cesser le traitement, et que leur fils connaitrait un rétablissement complet si on le ramenait à la maison.

L’adolescent a également rejeté le nouveau traitement, assimilant son séjour à l’hôpital à une « peine de prison » lors d’un entretien avec un travailleur social avec qui il avait parlé. Il a dit qu’il préférait rentrer à la maison, jouer avec ses amis et mourir plutôt que d’être réadmis à l’hôpital pour subir une chimiothérapie et puis mourir.

Lors de l’audience, le travailleur social désigné par le tribunal a rejeté les objections du garçon et a dit au juge que l’adolescent ne comprenait pas pleinement son diagnostic et ses options de traitements.

La Cour de famille de Tibériade a alors nommé un expert médical qui s’est avéré être en accord avec l’évaluation des médecins à Bnei Zion et qui a exhorté la cour et les parents des garçons à le réadmettre immédiatement à l’hôpital.

En juin 2014, la juge de la Cour de la famille, Vered Ricanati-Roshar, avait ordonné au garçon de suivre un traitement malgré ses objections et ceux de ses parents. Dans sa décision, elle a écrit que « le report du traitement mettrait la vie de l’enfant en danger de manière significative ».

En réponse au refus de l’adolescent à accepter le traitement, le centre médical Rambam a déclaré aux informations de la Deuxième chaîne, « l’hôpital n’est pas une prison – la responsabilité du séjour du mineur à l’hôpital pour recevoir un traitement revient aux parents ».

« Tant que le tribunal n’ordonne pas à la police de s’assurer que le patient reste à l’hôpital, nous avons aucun moyen d’empêcher un garçon de 16 ans de quitter l’hôpital quand il est sous la garde de ses parents », a conclu l’hôpital.