Des entreprises allemandes ont joué un rôle plus important qu’indiqué jusqu’ici dans la constitution de l’arsenal chimique syrien, affirme le quotidien Süddeutsche Zeitung, se fondant sur un rapport de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).

L’OIAC, lauréate du Prix Nobel de la paix, a transmis au ministère allemand des Affaires étrangères une liste de plus de 50 livraisons de firmes allemandes à la Syrie entre 1982 et 1993, selon le journal et la chaîne régionale de télévision NDR.

Sur celle-ci figure notamment la livraison de 2 400 tonnes d’acide sulfurique qui peut être utilisé pour la fabrication du gaz mortel sarin, selon la même source. Du matériel, comme des détecteurs de gaz, des pompes et des valves, a également été livré au régime de Damas, selon cette source.

D’autres pays tels que la France, la Russie et la Chine ont également participé au programme chimique syrien mis au point dans les années 80 et ont eux aussi reçu une liste de livraisons de l’OIAC, poursuit le quotidien munichois.

Le ministère des Affaires étrangères a transmis la liste de l’organisation au Parquet général fédéral qui étudie maintenant l’éventualité de l’ouverture d’enquêtes sur ces entreprises.

Le Parquet a confirmé à la Süddeutsche Zeitung étudier cette possibilité. Mais un délai de prescription de dix ans devrait empêcher tout recours judiciaire.

Le gouvernement allemand avait admis en septembre avoir donné son autorisation jusqu’en 2011 à l’exportation vers la Syrie de produits susceptibles de servir à la fabrication d’armes chimiques et ce dans des quantités plus importantes qu’indiqué jusqu’à présent.

Selon des données publiées alors par le ministère de l’Économie, des entreprises allemandes ont exporté vers la Syrie 360 tonnes de produits chimiques à usage civil ou militaire entre 1998 et 2011.

Mais Berlin avait insisté sur le fait qu’il n’y avait pas de preuves que ces produits chimiques, qui ont reçu des autorisations jusqu’en avril 2011, étaient utilisés pour confectionner des armes.

Le conflit en Syrie, qui est entré samedi dans sa quatrième année, a déjà fait 146 000 morts.