Le chef de la diplomatie allemande a dit dimanche s’attendre à ce que Donald Trump « dénonce » l’accord sur le nucléaire iranien et critiqué la vision des relations internationales du président américain, où domine « la loi du plus fort ».

« Les Etats-Unis vont probablement – c’est ma crainte – dénoncer la semaine prochaine l’accord avec l’Iran », a déclaré Sigmar Gabriel, dont le pays est l’un des Etats signataires du compromis avec les cinq membres permanents du conseil de sécurité de l’ONU, et Téhéran.

Il a toutefois assuré que le gouvernement allemand continuerait à œuvrer pour que l’accord, visant à empêcher que l’Iran se dote de l’arme nucléaire, soit appliqué.

« Qu’avons-nous à gagner à traiter l’Iran d’une manière telle que cela va le pousser à développer quand même au bout du compte l’arme atomique ? Rien du tout », a ajouté le responsable social-démocrate, selon l’agence de presse allemande dpa.

Le président américain Donald Trump à la Maison Blanche, le 6 octobre 2017. (Crédit : Brendan Smialowski/AFP)

Le président américain Donald Trump à la Maison Blanche, le 6 octobre 2017. (Crédit : Brendan Smialowski/AFP)

Gabriel, qui gère les affaires courantes au ministère des Affaires étrangères suite aux élections législatives allemandes en attendant la formation d’un nouveau gouvernement, s’exprimait lors d’une réunion électorale à Helmstedt, en Basse-Saxe, dans le nord du pays, où un scrutin régional est prévu le 15 octobre.

Le ministre a jugé que la politique du chef de l’Etat américain représentait « un danger », en considérant « le monde comme une arène, un lieu d’affrontement où domine le plus fort ».

« Cela signifie que la primauté du droit est remplacée par la loi du plus fort et cela représente pour nous un grand danger car si les Etats-Unis choisissent cette voie, alors le monde va changer », a-t-il ajouté.

Donald Trump, qui juge que l’Iran ne respecte pas « l’esprit » de l’accord nucléaire, devrait annoncer la semaine prochaine qu’il ne le « certifie » pas, ont indiqué des sources concordantes à l’AFP, renvoyant de fait la balle dans le camp du Congrès.

Une loi oblige le président américain à dire au Congrès, tous les 90 jours, si l’Iran respecte le texte et si la levée des sanctions qui l’accompagne est bien dans l’intérêt national des Etats-Unis.

En cas de « non certification », la loi donne au Congrès 60 jours pour décider de réimposer ou non des sanctions.