L’ambassade de Syrie à Amman reste ouverte et Damas peut nommer un nouvel ambassadeur, a indiqué le gouvernement jordanien, soulignant que l’expulsion lundi de l’ambassadeur ne signifiait pas une rupture des relations diplomatiques.

« La décision du gouvernement de considérer l’ambassadeur syrien à Amman persona non grata et son expulsion (…) est une affaire qui ne concerne que la personne de l’ambassadeur », a affirmé le porte-parole du gouvernement, Mohamed Moomeni, cité mardi par le quotidien gouvernemental Al-Raï.

Il a tenu à souligner que « cette affaire ne signifiait en aucun cas une rupture des relations (diplomatiques) avec la Syrie, pays frère ». « Damas peut nommer un ambassadeur à tout moment et l’ambassade de Syrie à Amman reste ouverte et fonctionne normalement », a-t-il souligné.

Lundi, Amman avait annoncé que l’ambassadeur Bahjat Souleimane était désormais considéré « persona non grata » et lui avait demandé de quitter le pays « sous 24 heures », une décision motivée par ses « insultes répétées (…) ses déclarations hostiles au royaume jordanien, ses dirigeants, ses symboles et ses citoyens ».

A l’été 2013, le chef de la diplomatie Nasser Jawdeh avait vivement critiqué le diplomate syrien qui avait dénoncé une réunion en mai à Amman du groupe des « Amis de la Syrie », favorable à la rébellion anti-Assad, qualifiant les participants d' »ennemis de la Syrie ».

Peu après la décision d’Amman, la Syrie a déclaré à son tour « persona non grata » le chargé d’Affaires jordanien à Damas, la Jordanie ayant rappelé son ambassadeur début 2011.

Damas accuse Amman de soutenir les rebelles syriens, des accusations rejetées par le royaume qui assure avoir renforcé les contrôles à la frontière et arrêté des dizaines d’activistes qui tentaient de la traverser illégalement.

D’autre part, le principal parti d’opposition en Jordanie, le Front de l’action islamique, vitrine politique des Frères musulmans, a salué mardi la décision du gouvernement d’expulser le diplomate, « même si elle intervient tard ».

Un dirigeant de la formation, Mohamed al-Zayoud, a en outre appelé le gouvernement à « ne pas permettre la tenue de la présidentielle syrienne sur le territoire jordanien » car un tel scrutin signifierait « reconnaître le meurtrier Assad comme président ».

Bashar el-Assad est donné très largement favori pour l’élection du 3 juin, dans un pays ravagé par plus de trois années de conflit, qualifiée de « farce » par l’opposition et par les pays occidentaux.