Dans une critique exceptionnelle, l’ambassadeur des Etats-Unis en Israël, David Friedman, a déclaré mercredi ne pas avoir été satisfait de la réponse du président américain Donald Trump aux violences raciales qui ont eu lieu à Charlottesville au début du mois.

Friedman, qui s’est adressé à un journaliste de la Dixième chaîne à l’aéroport Ben Gurion, à l’occasion de la cérémonie d’arrivée du premier Boeing 787 Dreamliner d’El Al, a déclaré que le président américain avait été « traité très injustement dans les médias », et que « les gens devraient lui laisser une chance. »

Mais quand le journaliste lui a demandé s’il pensait que la façon dont Trump avait géré l’après Charlottesville était « bonne », Friedman a répondu : « je ne pense pas que sa réaction était bonne, mais vous savez, je préfère que l’on parle de Boeing aujourd’hui. »

Il a ajouté que les sentiments exprimés par le rassemblement d’extrême-droite « ne reflète pas ce qu’il est ni ce qu’est l’administration américaine. »

Les 11 et 12 août, des centaines de personnes, souvent armées, se sont dirigées vers Charlottesville, hurlant des injures racistes et antisémites, et brandissant des drapeaux confédérés, néonazis et des affiches du Ku Klux Klan. Plusieurs altercations ont éclaté entre manifestants et contre-manifestants. Une femme a été tuée, d’autres ont été blessés, quand l’un des manifestants affiliés au groupe des suprématistes blancs a foncé en voiture sur la foule qui marchait contre le rassemblement.

La première réaction de Trump était de dire que « de nombreuses parties » étaient responsables, tout en refusant de citer les groupes qui avaient organisé ce rassemblement. Deux jours plus tard, il a critiqué nommément le Ku Klux Klan et les néo-nazis, qui ont joué un rôle démesuré dans cette manifestation.

Cependant, quelques jours plus tard, Trump a réaffirmé son affirmation de base, blâmant de manière équivalente « les deux côtés », et indiquant qu’il y avait « des gens bien » parmi les manifestants de droite.

L’équivalence faite par le président américain entre les groupes racistes et les manifestants de gauche a été critiquée par l’ensemble de l’échiquier politique américain, notamment au sein de son propre parti, le parti républicain, et a également suscité des réactions très dures de plusieurs organisations juives.