Fresh.fund, le nouveau fonds de capital-risque géré par des étudiants en Israël organisera sa première réunion la semaine prochaine à Jérusalem en présence de son tout nouveau comité d’investissement, composé des 16 personnes qui ont été récemment sélectionnées.

L’objectif est de faire en sorte que les étudiants soient en mesure d’investir dans des entreprises en phase de création ou dans des initiatives prises par des étudiants ou d’autres profils, a expliqué le co-fondateur du projet, Zaki Djemal, entrepreneur de 29 ans basé à Jérusalem, ancien étudiant en économie comportementale d’Harvard.

Quand Djemal a créé son entreprise de commerce en ligne pour des marques de mode indépendantes au Brésil, au cours de sa dernière année à Harvard, il a reçu des financements de la part de la branche d’investissement universitaire de First Round Capital, appelée Dorm Room Fund, fonds géré par des étudiants pour des initiatives entreprises par d’autres élèves en études supérieures.

“Le processus a été homogène, rapide, amical et émancipateur, et il nous a donné la confiance dont nous avions besoin pour refuser les emplois qu’on avait en ligne de mire après l’obtention de nos diplômes ».

« On a été incités à nous consacrer à temps plein aux entreprises qu’on voulait faire naître et à faire ce plongeon précieux à un moment d’opportunité crucial dans nos vies professionnelles », a expliqué Djemal dans un entretien téléphonique.

« Quand je suis retourné en Israël presque deux ans après, en cherchant à m’impliquer dans des start-ups locales et dans l’éco-système des investissements, j’ai eu la surprise d’apprendre qu’aucun cadre similaire n’existait pour les entreprises lancées par des étudiants ».

Tandis qu’Israël enregistre une part équitable dans les centres d’innovation sur les campus et dans les programmes d’incubation en direction des étudiants, a-t-il ajouté, le financement pour les entreprises étudiantes “restent rares “ particulièrement pour les montants allant de 20 000 à 50 000 dollars.

En comparaison, les Etats-Unis ont actuellement 44 fonds dirigés par des étudiants, ou créés à leur attention, a-t-il poursuivi.

Le co-fondateur de Fresh.fund Zaki Djemal, à droite, s'adresse à des étudiants (Autorisation : Keren Rosenberg)

Le co-fondateur de Fresh.fund Zaki Djemal, à droite, s’adresse à des étudiants (Autorisation : Keren Rosenberg)

Dorénavant, Fresh.fund veut créer un nouveau point d’accès aux financements pour les entrepreneurs israéliens encore en cours d’études supérieures. Le projet veut également donner une expérience entrepreneuriale pratique aux étudiants en tant qu’investisseurs, ce qui permet de développer une culture de l’innovation, a dit Djemal.

Le nouveau fonds a déjà levé 1 million de dollars grâce à un investisseur providentiel de Jérusalem, a expliqué Djemal, et voudrait investir des montants fixes allant de 20 000 à 50 000 dollars par initiative.

Les étudiants qui seront sélectionnés pour le comité d’investissement de Fresh.fund suivront une formation accélérée de deux mois afin de leur transmettre les outils de base dont ils auront besoin pour identifier les opportunités d’investissement et évaluer les capacités des entreprises naissantes sur le marché.

Les investisseurs étudiants passeront 10 heures hebdomadaires à gérer le projet Fresh.fund.

Ils participeront à l’identification des projets, prendront part à des études de marché avec la diligence requise, et au choix des entreprises qui seront financées par Fresh.fund.

Mais pourquoi choisir des étudiants, investisseurs amateurs à la base, pour investir auprès d’autres étudiants comme eux ? C’est apparemment une question qui est souvent posée à Djemal.

“Les étudiants sont connectés à l’innovation sur le terrain. Ils sont entourés par leurs pairs, ambitieux et intelligents, par leurs professeurs et par des co-fondateurs potentiels. Et ils sont ouverts par nature”, a-t-il expliqué.

“Ils veulent faire ce plongeon que d’autres n’oseraient peut-être pas faire et c’est ce qui nous conduit à l’émergence de nouvelles initiatives intéressantes. Ils viennent vers nous avec une nouvelle structure d’esprit”.

Le cofondateur de Fresh. Funds Zaki Djemal (Autorisation : Karen Rosenberg)

Le cofondateur de Fresh. Funds Zaki Djemal (Autorisation : Karen Rosenberg)

Les étudiants, au sein du comité, seront soutenus par une équipe de mentors, dont certains investisseurs de Jérusalem, providentiels ou issus du capital-risque, et par l’écosystème technologique de la ville, a ajouté Djemal.

Ces mentors participeront également aux réunions du comité en tant que conseillers. Les investisseurs étudiants ne recevront aucune part dans les entreprises figurant dans le portefeuille de Fresh.fund. Le fonds n’accepte pour le moment que les étudiants inscrits dans les institutions d’enseignement supérieur de Jérusalem.

Le comité d’investissement a été soigneusement sélectionné. Il est constitué de sept femmes et de neuf hommes, tous suivant des cursus d’études supérieures à Jérusalem, et ont été choisis parmi 83 candidats.

Parmi eux, des étudiants, des diplômés et des doctorants venus d’une grande variété de milieux et d’écoles : l’Université Hébraïque, l’Institut de Technologie de Jérusalem, l’Ecole des Beaux-Arts de Bezalel et l’université de Hadassah.

Leurs domaines d’études sont l’informatique, l’économie, la finance, la comptabilité, l’ingénierie, le droit, le marketing, la biologie, la philosophie et la création industrielle.

Début du projet : 29 décembre

Djemal a été rejoint par le co-fondateur de l’initiative, Hiday Goldsmit, et Siftech, une organisation à but non-lucratif qui a été fondée il y a cinq ans par des étudiants issus du syndicat des étudiants de l’Université hébraïque pour être le premier accélérateur de start-ups de Jérusalem.

Siftech aidera à former les entreprises sélectionnées par le comité d’investissement étudiant de Fresh.fund, explique Djemal, et il a nommé Nitzan Adler au poste de chef de projet de Fresh.fund.

Siftech est soutenu, entre autres, par l’Autorité chargée du développement à Jérusalem ainsi que par le ministère de Jérusalem et du Patrimoine.

“Nous allons lancer le projet la semaine prochaine”, a annoncé Djemal. “Nous voulons voir comment fonctionne le modèle avant de faire venir d’autres investisseurs”.

Le fonds espère lever des capitaux supplémentaires d’ici la fin de l’année 2017 et soutenir un plan d’expansion au-delà de Jérusalem, qui s’étendra à tout le pays.

”Concrètement, notre objectif est de voir des retours, mais parce que l’investissement dans des entreprises en phase de création est un jeu à long-terme, la capacité des entreprises de notre portefeuille à lever des financements de suivi offrira un certain témoignage de notre réussite”, a-t-il estimé.

Un autre objectif de mesure est “de voir divers groupes d’étudiants continuer à s’impliquer dans l’écosystème des start-ups en tant qu’investisseurs, ou en tant que fondateurs ou employés d’un tel type d’entreprise”, a-t-il conclu.