L’ancien Premier ministre australien Tony Abbott a demandé à son pays d’arrêter de verser l’aide financière annuelle de plusieurs millions de dollars à l’Autorité palestinienne (AP), accusant Ramallah d’allouer l’argent « aux terroristes et à leurs familles ». Il a également appelé Canberra à s’associer à toute mesure de la future administration américaine pour relocaliser l’ambassade à Jérusalem.

Dans un article publié lundi dans le Spectator Australia, l’ancien Premier ministre a déclaré que Canberra devrait offrir un « soutien indéfectible à Israël, la seule démocratie pluraliste et libérale de la région », et « joindre toute mesure de l’administration [du président américain élu Donald] Trump pour déplacer son ambassade à Jérusalem. »

Pendant les élections de 2016, Trump a promis de mettre fin à une politique de longue date de la Maison Blanche, qui reporte depuis 1995 une décision du Congrès reconnaissant Jérusalem comme la capitale d’Israël et pour y déplacer l’ambassade.

Quelques jours avant la déclaration d’Abbott, la ministre australienne des Affaires étrangères, Julie Bishop, et le Premier ministre, Malcolm Turnbull, avait critiqué la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies fustigeant les implantations israéliennes, estimant qu’elle était partiale et biaisée contre Israël.

La résolution votée le mois dernier affirme que l’établissement d’implantations israéliennes au-delà des lignes pré-1967 « n’a aucun fondement en droit et constitue une violation flagrante du droit international. » La résolution ne distingue pas la Cisjordanie de Jérusalem Est.

Rami Hamdallah, Premier ministre de l'Autorité palestinienne. (Crédit : capture d'écran Youtube)

Rami Hamdallah, Premier ministre de l’Autorité palestinienne. (Crédit : capture d’écran Youtube)

Abbott, qui a nommé Bishop et a été remplacé par Turnbull en 2015, faisait partie d’une délégation australienne qui s’est rendue à Jérusalem et Ramallah le mois dernier. Elle a rencontré le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le Premier ministre de l’AP Rami Hamdallah.

Dans son article, Abbott a déclaré que l’affirmation de Hamdallah, qui dit vouloir vivre en paix aux côtés d’Israël, était difficile à concilier avec la réalité.

« C’est difficile à croire, étant donné la glorification constante par la télévision palestinienne des terroristes kamikazes, les références aux juifs comme aux ‘fils de singes et de cochons’, et les affirmations que l’Etat d’Israël est un ‘projet satanique’ », a-t-il écrit.

L’Australie a donné près de 43 millions de dollars australiens (120 millions de shekels) d’aide aux Territoires palestiniens en 2015 – 2016, et a promis une aide légèrement plus importante pour l’année à venir, selon les chiffres officiels du gouvernement.

« L’Australie devrait couper ces 40 millions de dollars d’aide par an à l’Autorité palestinienne tant qu’elle continue de payer des pensions aux terroristes et à leurs familles », a écrit Abbott.

Dans le cadre de la loi palestinienne, Ramallah paie près de 170 millions de dollars par an aux prisonniers et aux familles des terroristes, et d’autres individus tués pendant le conflit contre Israël. Les bénéficiaires sont entre autres les familles des terroristes palestiniens. L’allocation mensuelle accordée aux prisonniers augmente proportionnellement à la durée de leur peine.

Selon MEMRI, elles vont de 1 500 shekels par mois pour une peine de moins de trois ans, à 13 000 shekels mensuels pour une condamnation de 30 ans ou plus. Les terroristes de Jérusalem ont droit à un supplément de 325 shekels, et les Arabes israéliens à 540 shekels.

Le fonds dit des « martyrs » verse ces paiements mensuels à environ 35 000 familles par an et à des figures palestiniennes. Il a été mis en place en 1967 par l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), l’institution qui représente officiellement tous les Palestiniens. L’OLP a été marginalisée depuis la mise en place du gouvernement d’autonomie de l’AP en conséquence des accords de paix intermédiaires signés avec Israël dans les années 1990.

Ce fonds et d’autres qui soutiennent les familles des Palestiniens emprisonnés en Israël sont officiellement des institutions de l’OLP, mais sont financés par l’AP.

Les responsables palestiniens affirment que ces allocations aident les victimes de « l’occupation israélienne », en fournissant des pensions aux familles, des bourses aux étudiants et de l’aide aux veuves. Israël affirme que les paiements glorifient le terrorisme, et s’inscrivent dans ce que l’Etat juif voit comme une plus large tendance d’ « incitation à la violence », accusée d’alimenter la reprise des violences de l’année dernière.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec la ministre australienne des Affaires étrangères Julie Bishop, dans les bureaux du Premier ministre à Jérusalem, le 4 septembre 2016. (Crédit : Amos Ben-Gershom/GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec la ministre australienne des Affaires étrangères Julie Bishop, dans les bureaux du Premier ministre à Jérusalem, le 4 septembre 2016. (Crédit : Amos Ben-Gershom/GPO)

L’Australie est l’un des plus forts alliés internationaux d’Israël.

En septembre, Bishop, pendant une visite officielle en Israël, avait invité Netanyahu à se rendre en Australie début 2017.

Selon le bureau du Premier ministre, Netanyahu a accepté l’invitation, mais le voyage n’a pas encore été confirmé.