L’ancienne assistante d’Ehud Olmert, devenue un témoin de l’Etat, est comparue jeudi matin au tribunal lors d’une audience afin de déterminer si la cour acceptera son arrangement avec le procureur.

Le juge David Rozen semblait pourtant pencher en faveur d’un rejet de l’accord, soulignant que les preuves fournies par Shula Zaken contre l’ancien Premier ministre ne pouvaient pas faire oublier ses crimes.

« C’est une vraie criminelle », a-t-il déclaré, ajoutant qu’elle était une « instigatrice criminelle ».

Juste quelques jours avant que l’ancien Premier ministre ne soit condamné en mars dernier pour avoir accepté des pots-de-vin dans l’affaire Holyland, Shula Zaken a essayé de tirer profit de preuves en sa possession.

Elle a déclaré détenir des cassettes prouvant que l’ancien Premier ministre a fait obstruction à la justice. Elle souhaite négocier une réduction de sa peine dans l’affaire Holyland en échange des preuves fournies à la justice.

Si Rozen décide d’accepter l’accord, Zaken devrait purger une peine de 11 mois de prison.

S’il le rejette, il peut ne pas prononcer directement la peine de Zaken. Le Ministère public pourrait alors faire appel à la Cour suprême en se fondant sur l’argument que son témoignage sert les meilleurs intérêts de l’Etat.

Lors de l’audience, le procureur général a révélé que Zaken avait remis plus de huit enregistrements où l’on entend Olmert essayer de faire obstruction aux enquêtes concernant ses affaires.

Le procureur a déclaré que les informations sur les cassettes qui traitent de l’implication d’Olmert dans les affaires Holyland, Rishon Tours et Morris Talansky pourraient être utilisées pour envoyer Olmert en prison « pendant au moins neuf ans. »

L’audience arrive deux jours après que Rozen ait condamné Olmert à six ans de prison, dont deux avec sursis, et à une amende d’un million de shekels (environ 250 00 euros) pour son implication dans le scandale de corruption Holyland.

Rozen est le même juge qui a condamné Olmert, Zaken et huit autres personnes le 31 mars, en refusant d’attendre que l’Etat présente les preuves données par Zaken.

Malgré le verdict contre Olmert, la police et les procureurs ont mené des enquêtes sur des accusations supplémentaires. Olmert aurait tenté d’interférer dans l’affaire de l’Etat à son encontre en cherchant à corrompre des témoins.

Le procureur, se basant sur les preuves fournies par Zaken, a également rouvert des enquêtes sur les affaires Rishon Tours et Talansky, deux affaires dans lesquelles Olmert avait été acquitté deux ans plus tôt.

Dans le même temps, deux des avocats d’Olmert devront répondre de leur conduite après les nouvelles révélations du témoignage de Zaken, selon les informations de la Dixième chaîne vendredi. Zaken a déclaré que les deux avocats, tout en protégeant les intérêts de son ancien patron, lui ont déconseillé de tenter une négociation tôt dans l’affaire Holyland. Ils seront convoqués dans les prochains jours pour être interrogés.

Alfred Akirov, le chef du groupe Alrov, doit également être interrogé à la suite des révélations du nouveau témoignage de Zaken.

Zaken aurait déclaré jeudi à la police qu’en 2013, Akirov l’avait employée pendant quelques mois avec un salaire mensuel de 25 000 shekels (soit environ 6 000 euros) à la demande d’Olmert. Olmert voulait essayer de l’acheter avec la complicité d’Akirov.

Akirov a répondu qu’il n’y avait rien d’illégal à employer Zaken en tant que consultante touristique pour plusieurs de ses hôtels à Jérusalem.

L’affaire Holyland est considérée comme l’un des pires scandales de corruption dans l’histoire du pays. Au centre de cette affaire se trouve le projet immobilier Holyland, un énorme projet au sommet d’une colline que les résidents de Jérusalem ont depuis longtemps suspecté d’être entaché de corruption.

L’affaire a éclaté en 2010 après que Shmuel Dachner, un homme d’affaires qui était impliqué dans le projet, soit devenu témoin de l’Etat. Dachner est décédé d’une maladie l’année dernière.