L’ancienne plus haute magistrate d’Israël a averti mardi que les extrémistes juifs et arabes étaient en train d’entraîner la société israélienne vers un abîme raciste. Elle a exhorté les autorités à prendre des sanctions plus fortes contre ces extrémistes.

S’exprimant à la suite de l’enlèvement du 12 juin et le meurtre de trois adolescents israéliens par des terroristes palestiniens, et le meurtre présumé de représailles d’un adolescent arabe par des terroristes juifs, la présidente de la Cour suprême à la retraite Dorit Beinisch (2006-2012) a déclaré que la société israélienne était maintenant en état d’urgence.

En faisant référence à la vague d’émeutes et de protestations qui a traversé le pays ce derniers jours, Beinisch a dit qu’Israël tombait dans un climat d’ « incitation et de discours racistes qui ont conduit à la violence. Cela exige une réponse immédiate des autorités ».

Dans un entretien donné à la Radio de l’Armée, Beinisch a souligné « la tragédie humaine qu’endure les trois familles avec trois jeunes victimes juives d’une cruelle terreur », le meurtre des jeunes Naftali Fraenkel, Eyal Yifrach and Gil-ad Shaar, et le meurtre d’ « un innocent palestinien », Mohammad Abu Khdeir, « qui a été la victime d’une acte odieux ».

Des émotions ont été exacerbées par les Juifs et les Arabes israéliens, a-t-elle déclaré, et « il est temps de faire attention à ne pas laisser passer des provocations qui nous entraînent vers le fond… La majorité ne doit pas rester silencieuse », a-t-elle expliqué en ajoutant que les expressions racistes des extrémistes criant « Mort aux Arabes » et « Mort aux Juifs » sont incendiaires.

« Les mots ont du pouvoir », insiste-t-elle, « et la distance entre provocation et passage à l’acte est très fine ».

Les expressions racistes et provocatrices n’entrent pas dans le cadre de la liberté d’expression, et ceux qui les prononcent devraient être poursuivis et punis, assure-t-elle. « Les expressions racistes ne constituent pas une liberté de parole légitime ».

Beinisch, qui n’accorde pas normalement d’entretiens, a déclaré qu’elle brisait le silence pour rappeler que « les deux camps extrémistes ne devaient pas être autorisés à diriger nos vies. Ces deux camps extrémistes entraînent la société israélienne vers le fond ».

Beinisch appelle également à la mise en place d’une campagne éducative pour insister sur les dangers de l’extrémisme.

Plus tôt dans ce même programme, la Radio de l’Armée avait réalisé l’entretien de juifs et d’arabes attaqués au cours des protestations. Une femme juive est tombée inconsciente après avoir été frappée sur le front par une pierre lancée par des manifestants arabes à travers la fenêtre du bus où elle était voyageait entre Tel Aviv et Kiryat Shmona.

Le mari d’une femme arabe enceinte de huit mois a décrit comme leur voiture a été caillassée par des manifestants juifs dans le quartier haut de Nazareth, ce qui a conduit à l’hospitalisation de la jeune femme.