PRAGUE – Le nombre d’incidents antisémites dans la République tchèque a augmenté de plus de 200 % l’an dernier, selon un rapport annuel sur l’antisémitisme.

La communauté juive de Prague a publié ce rapport lundi.

En 2014, quarante-six incidents antisémites ont été enregistrés à travers le pays, l’année précédente, on comptait 13 incidents.

L’escalade de la violence dans le conflit israélo-palestinien, notamment l’opération militaire d’Israël à Gaza de juillet et août de l’année dernière, est considéré comme étant le principal facteur expliquant cette flambée.

« Il est clair que la communauté juive de la République tchèque est devenu la cible de l’antisémitisme par rapport à la situation au Moyen-Orient », a déclaré le président de la communauté juive de Prague, Jan Munk, dans un communiqué.

« Les Juifs tchèques sont perçus par certains groupes comme des envoyés de l’Etat d’Israël et sont blâmés pour ses décisions politiques. »

Même si le nombre d’attaques physiques contre des cibles juives – que cela soit des personnes ou des biens – n’a pas connu de changement majeur par rapport aux années précédentes, le nombre d’attaques verbales, courriers de haine et menaces contre le peuple juif a augmenté et a été multiplié par quatre par rapport à 2013. Le nombre d’incidents antisémites en ligne ont augmenté d’environ 20 %.

Dans la plupart des cas, les auteurs ne sont pas identifiés ; ceux qui l’ont été n’avaient souvent aucun lien avec des groupes extrémistes. Cela suggère que, selon le rapport, le sentiment antisémite progresse parmi les individus n’ayant aucun lien avec l’extrémisme.

Dans une tendance similaire à l’Europe occidentale, le rapport a noté une hausse des sentiments antisionistes exprimés par des théories du complot, tels que celles qui attribuent la crise en cours en Ukraine aux Juifs et à Israël.

Ces théories sont souvent partagées par des groupes d’extrême droite et d’extrême-gauche et reprises par certains sites Web d’information tchèques.