L’Autorité palestinienne a dénoncé dimanche comme une « ingérence » l’annonce par l’Iran qu’il enverrait des milliers de dollars aux proches des Palestiniens tués lors des violences dans les Territoires palestiniens et en Israël.

Dimanche, les principaux journaux palestiniens distribués en Cisjordanie, où est basée l’Autorité, citaient les propos virulents du porte-parole de la présidence palestinienne, Nabil Abou Roudeina.

L’Iran « ferait mieux d’envoyer cet argent par la voie officielle à la Fondation des martyrs et des prisonniers », qui dépend de l’Autorité palestinienne, « plutôt que de s’en remettre à des voies détournées et officieuses », a accusé le porte-parole.

Mercredi, un responsable iranien avait annoncé que son pays offrirait 7.000 dollars (6.400 euros) aux familles de chaque Palestinien tué et 30.000 dollars (27.400 euros) à celles dont Israël aura détruit la maison pour les punir après une attaque menée par l’un de leurs membres.

Ce geste se voulait un soutien à « l’intifada », le terme par lequel l’Iran, le Hamas islamiste au pouvoir à Gaza et d’autres mouvements terroristes palestiniens désignent la vague de violences actuelle. L’Autorité palestinienne, elle, se refuse à utiliser ce terme qui désigne les deux soulèvements populaires palestiniens de 1987-1993 et 2000-2005.

M. Abou Roudeina a dit « refuser » ces déclarations « inacceptables » car « elles ne sont pas seulement une violation de la légitimité palestinienne mais aussi une violation du droit international qui régit les relations entre Etats, et une ingérence interdite dans les affaires internes palestiniennes et arabes ».

Il y a peu, Abbas Zaki, membre de la direction du Fatah, le parti du président Mahmoud Abbas, avait assuré à son retour d’une visite à Téhéran que le Fatah saluait le soutien iranien. Aussitôt, la présidence palestinienne avait protesté, affirmant que Zaki ne représentait que lui-même.

Des économistes palestiniens ont cependant affirmé à l’AFP que l’initiative iranienne laissait de nombreuses questions en suspens quant à sa réalisation effective. Ces virements à des particuliers semblent difficiles à effectuer via des banques sans tomber sous le coup de l’accusation de financement du terrorisme.

Au lendemain de l’annonce iranienne, Israël avait accusé Téhéran, de « continuer à financer le terrorisme, y compris le terrorisme palestinien et de poursuivre son soutien au Hamas », le grand rival de l’Autorité palestinienne.