L’Autorité palestinienne aurait donné des instructions claires à ses fonctionnaires. Ils doivent à tout prix éviter d’évoquer l’attaque de la synagogue de mardi à Jérusalem dans les médias arabes ou internationaux, indique une source anonyme au quotidien palestinien Al-Quds mercredi.

En agissant ainsi, les dirigeants palestiniens veulent éviter de se retrouver dans l’embarras face aux Américains.

L’administration américaine tente de calmer les tensions après l’attaque de mardi au cours de laquelle deux terroristes palestiniens ont tué quatre fidèles juifs et un policier druze, précise la source.

Les responsables de l’AP ont annulé de nombreuses apparitions médiatiques après l’attentat de mardi matin, ajoute la source.

Le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a non seulement condamné cet horrible meurtre mais a aussi souligné que cette attaque avait un lien direct avec les discours violents publiés dans les médias palestiniens.

« Ce genre d’acte, qui est la conséquence pure et simple de l’incitation à la violence, des appels aux « journées de la rage », et l’irresponsabilité [des médias], est inacceptable », s’est insurgé Kerry alors en déplacement à Londres. « Les dirigeants palestiniens doivent condamner cet acte et ils doivent commencer à prendre de sérieuses mesures pour mettre fin à ce genre d’incitation ».

Le président de l’Autorité palestinienne a accédé aux demandes de Kerry et a condamné l’attaque, mais pas avant que le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’ait lancé une charge diplomatique à son encontre. Il l’a tenu responsable de l’attaque et l’a accusé d’être à l’origine des incitations à la violence qui ont entrainé l’attentat.

Depuis mercredi, plusieurs médias américains, dont le New York Times, ont critiqué Abbas et sa rhétorique qui incite à la violence.

« Le secrétaire d’Etat John Kerry a dû forcer le président [de l’Autorité] palestinien[ne], Mahmoud Abbas à dénoncer cet acte », pouvait-on lire dans l’éditorial du journal américain influent. « ‘Nous condamnons le meurtre des fidèles à la synagogue de Jérusalem et condamnons tout acte de violence quelle qu’en soit son origine’ affirme Abbas dans un communiqué. Il semblerait que c’est la première fois qu’il dénonce une attaque palestinienne ces derniers temps… En tant que leader politique, M. Abbas a le devoir d’expliquer à son peuple que tant de brutalité et de barbarie ne peuvent qu’amener la honte sur le peuple palestinien », conclut le Times.