L’Autorité palestinienne a décidé de boycotter six grandes sociétés israéliennes en représailles au gel des recettes fiscales d’Israël.

La décision initiale prise par Israël était une mesure punitive prise à l’encontre des efforts de l’Autorité palestinienne pour faire avancer les poursuites contre les responsables israéliens pour des allégations de crimes de guerre à la Cour pénale internationale, et ses manœuvres à l’ONU destinées à obtenir un soutien pour la reconnaissance d’un Etat palestinien indépendamment d’un accord de paix global.

Un haut responsable du Fatah, Mahmoud al-AluI, a tenu une conférence de presse après avoir examiné la question et a annoncé que les biens et produits des fabricants d’aliments Tnouva, Strauss, Elite, Jafora, Osem et Prigat ne seront plus autorisés à entrer dans les territoires contrôlés par les Palestiniens.

En outre, les commerçants palestiniens qui ont des stocks de ces biens produits par ces entreprises ont deux semaines pour les retirer de leurs rayons.

Des inspecteurs spéciaux effectueront des contrôles inopinés pour s’assurer que le boycott est bien suivi.

Alul dit que le boycott est une première étape vers un boycott complet de chaque produit fabriqué par Israël.

Abbas à Stockholm alors que le froid persiste entre Israël et la Suède

Le président de l’AP Mahmoud Abbas devait atterrir en Suède lundi pour une visite officielle, à un moment où les relations entre le pays nordique et Israël connaissent un refroidissement du fait de la reconnaissance par la Suède de la Palestine.

Le dialogue entre Israël et la Suède est presque rompu depuis que Stockholm a pris cette décision fin octobre, quelques semaines après l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement de gauche, devenant le premier grand pays d’Europe de l’Ouest à sauter ce pas.

Début janvier, la ministre des Affaires étrangères Margot Wallström a repoussé sine die une visite en Israël. Selon les médias israéliens son homologue Avigdor Liberman ne souhaitait pas la rencontrer.

Elle affirme vouloir profiter de la rencontre avec Abbas pour « préparer un processus de paix revitalisé ».

Selon la professeur en science politique Ann-Marie Ekengren, spécialiste de la diplomatie suédoise, « il ne s’agit pas bien sûr d’être l’acteur le plus central d’éventuels pourparlers de paix. Mais peut-être Mme Wallström voit-elle le rôle de la Suède comme celui d’un intermédiaire ».

L’ambassadeur d’Israël à Stockholm, Isaac Bachman, a dit publiquement sa désapprobation pour une visite qui est la première en Suède depuis 2009.

« Cela ne nous rend pas heureux de voir (M. Abbas) rendre ici visite à un gouvernement qui a décidé très rapidement de reconnaître la Palestine », avait-il dit à l’agence de presse suédoise TT.

La décision de la Suède a rompu avec un certain statu quo dans l’approche européenne du conflit israélo-palestinien.

Or le pays est le deuxième le plus influent dans la définition de la politique diplomatique de l’Union européenne, derrière l’Allemagne et à égalité avec la Grande-Bretagne, selon le Conseil européen des relations étrangères, un « think tank » londonien.

« Il y a une idée dans la politique étrangère suédoise selon laquelle le pays doit trouver des sujets dans lesquels être en pointe. Parfois il s’inquiète d’aide au développement, parfois de questions d’environnement, et actuellement l’attention se concentre sur la Palestine », d’après Ekengren.