Le Premier ministre palestinien Rami Hamdallah a affirmé dimanche à l’AFP que son gouvernement avait été menacé de « boycott » par la communauté internationale s’il payait les hommes armés du Hamas, qui ont le statut de fonctionnaires à Gaza.

Hamdallah est à la tête d’un gouvernement de personnalités indépendantes né de la réconciliation entre le Fatah du président Mahmoud Abbas et le Hamas, désormais menacée en raison de la question du paiement des quelque 45 000 fonctionnaires embauchés par le hamas depuis qu’il a pris le pouvoir par la force à Gaza en 2007.

Le Premier ministre a également affirmé avoir reçu des « menaces » du Hamas qui lui a interdit de venir à Gaza tant que les salaires ne seraient pas payés, estimant que cette question était « le principal obstacle au travail du gouvernement à Gaza ».

Après la réconciliation entre le Hamas et l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) dominée par le Fatah, le Hamas a réclamé que l’Autorité palestinienne paye les salaires de ses 45 000 fonctionnaires — dont 27 000 sont des civils, selon Hamdallah.

Mais, a-t-il expliqué dans un entretien à l’AFP, « le gouvernement et les banques opérant dans les Territoires palestiniens ont été prévenus que s’ils procédaient à ces paiements à l’ex-gouvernement du Hamas à Gaza, le gouvernement ferait les frais d’un boycott », notamment au niveau de l’aide internationale versée aux Palestiniens.

Hamdallah a dit redouter « de graves conséquences pour le secteur financier palestinien ».

Interrogé sur les pays ayant menacé son gouvernement de boycott, Hamdallah a indiqué que c’était de la part de « l’ensemble de la communauté internationale sans exception ».

« Je poursuis les contacts au niveau international pour résoudre ce problème et il semble que nous soyons presque parvenus à un consensus sur l’entrée d’une tierce partie pour assurer ces paiements », a-t-il ajouté, sans identifier cette partie.

Fin août, un responsable palestinien avait expliqué à l’AFP que le Hamas étant considéré par les Etats-Unis et l’Union européenne comme une organisation « terroriste », le gouvernement voulait obtenir des garanties qu’il pouvait verser ces salaires sans craindre de s’exposer à des sanctions.

En juin, peu après la formation du gouvernement, le Qatar, grand allié du Hamas, avait promis de payer durant six mois 19 des 23 à 30 millions d’euros que représentent les salaires des fonctionnaires de Gaza.

Mais Doha n’a encore effectué aucun versement, en raison du déclenchement le 8 juillet de la guerre entre le Hamas et Israël qui a dévasté durant 50 jours l’enclave côtière.