Le gouvernement palestinien d’union nationale ne sera pas en mesure de superviser la reconstruction de Gaza sans un contrôle administratif et de sécurité complet sur l’enclave, une demande actuellement refusée par le Hamas, a déclaré cette semaine le gouvernement dans un communiqué.

Suite à une rare réunion du gouvernement tenue mardi à Gaza, le gouvernement de Rami Hamdallah a déclaré mercredi que les fonctionnaires de l’AP qui avaient quitté leurs postes en raison de la violente prise du pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza en juin 2007, doivent pouvoir reprendre leurs postes, une mesure qui mettrait sur la touche les employés nommés par le Hamas à leur place.

Hamdallah propose d’indemniser les fonctionnaires nommés par le Hamas grâce à un microfinancement pour les petites entreprises et des emprunts d’Etat, en plus de plans de retraite.

« Nul ne sera lésé, et aucun employé de ne sera laissé sans la capacité d’obtenir des revenus raisonnables, » a-t-il dit selon l’agence de presse officielle WAFA.

Les inspecteurs de l’Union européenne ont demandé en décembre 2013 la fin du financement des milliers d’employés de l’AP qui ont continués à être payés par Ramallah bien que restant à la maison depuis la prise de contrôle du Hamas il y a plus de sept ans.

En juin dernier, le Hamas a physiquement empêché ces employés d’entrer dans les banques de Gaza, en reponse au blocage des fonds laissant les employés du Hamas sans revenu.

Le gouvernement a indiqué qu’il ne serait pas en mesure de faire avancer la reconstruction de Gaza sans la présence complète aux postes frontaliers , laissant entendre que le financement international avait calé en raison de l’insistance du Hamas de rester aux manettes du pouvoir.

« Si le gouvernement recevait le contrôle des points de passage, il pourrait assumer la responsabilité de la reconstruction. Cela encouragerait les États donateurs à remplir leurs engagements pris à la conférence de reconstruction du Caire, » peut-on lire dans le communiqué.

Un Hamas incrédule a attaqué la déclaration du gouvernement, affirmant que le gouvernement d’union avait promis lors de la réunion de résoudre tous les problèmes de Gaza en l’espace de quatre semaines.

Moussa Abu Marzuk, chef-adjoint du bureau politique du Hamas, a publié le compte-rendu de sa rencontre avec le ministre du Travail Mamoun Abu Shahla, selon laquelle Hamdallah avait promis de résoudre les questions en suspens entre le Hamas et le Fatah « et d’accorder la sécurité d’emploi à tous les fonctionnaires sans exception ».

« Il n’y a aucune justification à l’existence du gouvernement ni à [Mahmoud] Abbas [le président de l’AP] s’ils continuent de traîner les pieds vis-à-vis du peuple et de ses sentiments », a declaré jeudi Salah Bardawil un responsable du Hamas basé à Gaza au Al-Resalah le quotidien officiel de son mouvement.

S’adressant à Abbas, il a ajouté : « Le Hamas n’attendra pas votre miséricorde chaque fois que vous choisirez de nous l’accorder. Si vous avez décidé d’abandonner [Gaza], nous ferons tout notre possible pour éviter la catastrophe imminente, que vous souhaitez ».