L’AP romprait ses relations avec le Quartet
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L’AP romprait ses relations avec le Quartet

Ramallah en a assez des partis-pris “pro-Israël” du groupe international, reflétés dans son dernier rapport, selon un quotidien londonien

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas préside une réunion du Comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), à Ramallah, le 4 avril 2016. (Crédit : Flash90)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas préside une réunion du Comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), à Ramallah, le 4 avril 2016. (Crédit : Flash90)

L’Autorité palestinienne (AP) a décidé de rompre ses relations avec le Quartet pour le Moyen Orient, a annoncé mardi un média arabe.

Le quotidien londonien panarabe Al Hayat a annoncé que le président de l’AP, Mahmoud Abbas, avait décidé de cesser de travailler avec le Quartet (Etats-Unis, Union européenne, Russie et Nations unies) suite à une série de déceptions du travail du groupe à Ramallah.

Abbas aurait informé de sa décision les comités centraux de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et de son parti, le Fatah. La décision a été confirmée au journal par Mohammed Ashtiya, du Comité central du Fatah.

Le Quartet a publié vendredi un rapport très attendu sur le processus de paix, qui, pour la première fois dans un forum international majeur, a cité l’incitation palestinienne [à la violence] contre Israël comme un obstacle majeur à la résolution du conflit.

Le rapport a accusé le Hamas et le Fatah d’encourager les attaques terroristes contre les Israéliens. Il a également critiqué la construction d’implantations par Israël, et la démolition de maisons palestiniennes et la confiscation de terrains, déclarant que ces politiques érodaient constamment la viabilité de la solution à deux états. »

Saeb Erekat, secrétaire général de l'Organisation de la libération de la Palestine (OLP), à Ramallah le 23 novembre 2015. (Crédit : AFP/Abbas Momani)
Saeb Erekat, secrétaire général de l’Organisation de la libération de la Palestine (OLP), à Ramallah le 23 novembre 2015. (Crédit : AFP/Abbas Momani)

Saeb Erekat, secrétaire général de l’OLP et négociateur palestinien en chef, a exprimé sa déception que le rapport critique les deux parties, et pas seulement Israël.

« Il ne répond pas à nos attentes en tant que nation vivant sous occupation militaire et coloniale étrangère », a-t-il dit. Il a également critiqué ce qu’il a appelé une tentative de rapport de « mettre sur un pied d’égalité les responsabilités entre un peuple sous occupation et un occupant militaire étranger. »

Lundi, Erekat avait déclaré aux journalistes qu’Abbas enverrait une lettre aux membres du Quartet indiquant que les négociations ne pourraient pas reprendre sans un arrêt complet des constructions dans les implantations, y compris à Jérusalem Est, ce qui indique que la décision de rompre les relations avec le groupe n’avait pas été prise à ce moment là.

En 2015, Abbas avait cessé de rencontrer l’ancien envoyé du Quartet, Tony Blair, parce qu’il aurait considéré que l’ancien Premier ministre britannique avait un parti-pris pour Israël.

Un responsable palestinien a déclaré à Al Hayat que les Etats-Unis ont la « main mise » sur le Quartet, « l’ONU n’a aucun pouvoir, l’Union européenne ne parle pas d’une voix unie », et bien que la Russie soit « une amie des Palestiniens », Moscou rejoint souvent les positions de Washington sur la région.

Ashtiya, le membre du Comité central du Fatah, a déclaré au journal que même si l’AP cesse de travailler avec le Quartet, elle travaillera toujours individuellement avec chacun de ses membres. Ashtiya a ajouté que Ramallah travaillait toujours via l’initiative de paix française à mettre fin à la construction dans les implantations et à créer un calendrier clair pour la mise en place d’un Etat palestinien.

Israël a rejeté l’initiative française, affirmant que seules des négociations bilatérales directes seraient efficaces.

Israël avait également critiqué le rapport du Quartet. Un communiqué du bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu avait affirmé que le rapport en faisait que « perpétuer le mythe des constructions israéliennes en Cisjordanie qui sont un obstacle à la paix. Quand Israël a gelé les implantations [entre 2009 et 2010], il n’a pas eu la paix. »

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