Yair Lapid, le chef du parti Yesh Atid, n’a pas exclu de participer à une future coalition dirigée par le chef du Likud, Benjamin Netanyahu, après les élections de mars, tout en admettant avoir fait des erreurs dans sa première expérience de ministre des Finances.

Fustigeant le Premier ministre pour avoir créé une « culture de la corruption » et l’accusant « d’inactions en série », Lapid a dit qu’il ne niait pas pour autant la possibilité de travailler avec Netanyahu dans l’avenir.

« J’ai dit 779 fois que nous sommes contre la culture des boycotts, a-t-il déclaré à la radio militaire. Mais je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour empêcher Netanyahu de devenir Premier ministre. »

« [Sous la direction de Netanyahou] le pays ne va nulle part. Comment est-il possible que personne ne sait quels sont ses plans ? », s’est-il interrogé.

Lapid a également reconnu que de nombreuses erreurs ont été commises au cours de son mandat en tant que ministre des Finances et qu’il a été « frappé à la tête plus d’une fois ».

« Nous sommes entrés dans les finances du pays comme ivres de pouvoir, nous n’avons pas été assez modestes et nous n’avons pas assez écouté », a-t-il reconnu.

« Là encore, personne n’est infaillible. Je regarde les ‘[politiciens] expérimentés’ et je ne vois pas de grandes réalisations », a-t-il confié.

L’ancien présentateur, qui est entré à la Knesset suite à la grogne des Israéliens sur les questions socio-économiques, a affirmé qu’il avait reçu une « économie défaillante » qu’il a réussie à remettre en état durant son mandat, et a fait valoir que le pays avait besoin d’un nouveau leadership.

« Vous ne voulez pas être coincé à tout jamais avec les mêmes personnes », a-t-il affirmé en faisant allusion aux appels venant de tout le spectre politique pour empêcher la réélection de Netanyahu.

Le chef du Likud est actuellement à son deuxième mandat consécutif de Premier ministre après les élections de mars de 2009. C’est en fait la troisième fois qu’il occupe ce poste puisqu’il avait déjà été Premier ministre à la fin des années 1990.

Les responsables du Likud ont réagi en disant que « depuis quelque temps déjà, Lapid n’a pas d’avenir » – un jeu de mots sur le nom de son parti, Yesh Atid, qui signifie « il y a un avenir ».

« Je vais rester à la Knesset, que j’obtienne 27 ou seulement 7 sièges, a insisté Lapid. Je sers le public parce que tel est mon travail. Je serai là où les citoyens d’Israël me placeront. »

Suite à une crise au sein de la coalition au pouvoir, Netanyahu avait limogé Lapid de son poste de ministre des Finances en décembre 2014, provoquant la dissolution de la Knesset et de nouvelles élections prévues pour mars prochain.