Le ministre des Finances Yair Lapid a commenté samedi l’accord entre le Fatah et le Hamas, disant qu’il ne mettait pas fin aux négociations entre Israël et l’Autorité palestinienne.

Israël pourrait potentiellement reprendre les pourparlers avec le Hamas si le groupe renonçait au terrorisme et reconnaissait Israël, a déclaré Lapid au Wall Street Journal.

« Ce n’est pas comme si rien ne s’était passé avant », a-t-il affirmé, faisant remarquer que l’OLP, qui contrôle l’Autorité palestinienne « était une organisation terroriste jusqu’au moment où elle a renoncé au terrorisme et a reconnu Israël ».

Le ministre a déclaré qu’une telle normalisation pouvait également se produire avec le Hamas si celui-ci acceptait les règles imposées par le Quartet, soit reconnaître l’Etat d’Israël, renoncer à la violence et respecter les accords existant entre Israël et l’OLP.

Cheikh Hassan Youssef, un des fondateurs du Hamas et figure majeure de ce mouvement en Cisjordanie, n’a pas entièrement rejeté l’idée, mais a déclaré qu’un changement dans l’organisation prendrait du temps et ne pouvait être forcé par les Israéliens ou les Américains.

Concernant les accords d’unité entre le Hamas et OLP, les déclarations de Lapid reflètent une approche plus ouverte que celle de ses partenaires dans la coalition, le Premier ministre Netanyahu et le ministre de l’Economie Naftali Bennett.

Le Premier ministre a immédiatement rejeté toute possibilité de poursuivre des négociations de paix avec un gouvernement palestinien qui incluerait le Hamas, estimant qu’avec la signature d’un tel accord, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas « avait choisi le terrorisme au lieu de la paix » poursuivant « quiconque choisit le Hamas ne veut pas la paix ».

Bennett, à la tête du parti nationaliste-religieux Habayit Hayehudi, qui s’est toujours opposé à des pourparlers menés par des Américains, a exclu tout dialogue avec des groupes participant à des attaques anti-israéliennes.

« Le Hamas tue des Juifs, le Fatah demande la libération de prisonniers qui ont tué des Juifs. Ils ont travaillé ensemble par le passé et ne font que poursuivre leur collaboration aujourd’hui », a déclaré Bennett en prenant connaissance de l’accord de coalition.

Mais Lapid, qui dirige Yesh Atid, le principal parti de la coalition avec Netanyahu, a été autrement plus modéré dans ses commentaires. « Si le Hamas accepte les conditions du Quartet… cela ne sera plus vraiment le Hamas et il pourra y avoir une base de discussion », a-t-il déclaré à la radio israélienne la semaine dernière.

« Nous ne voyons pas cela encore aujourd’hui mais nous devons attendre et regarder comment les choses évoluent. »

Ses positions ont été reprises par la ministre de la Justice Tzipi Livni, négociatrice en chef avec les Palestiniens, qui a déclaré aux journalistes la semaine dernière qu’il était important d’attendre de voir quel type de gouvernement palestinien allait émerger.

« L’accord de réconciliation entre Fatah et Hamas a été une déception… mais nous avons décidé d’attendre et de voir ce qui se passe du côté palestinien quand un gouvernement sera créé », a-t-elle affirmé aux journalistes, faisant remarquer que le gouvernement avait suspendu et non pas annulé les négociations de paix.

Lapid lui-même a jeté un doute sur les intentions réelles des Palestiniens, déclarant récemment au TOI qu’il était possible que « les Palestiniens jouent encore la posture de l’éternelle victime » et ajoutant que les Israéliens pourraient imposer aux Palestiniens de créer leur propre Etat, et donc de leur « forcer la main pour établir un Etat de Palestine libre ».

Il a qualifié les Palestiniens de « première nation dans l’histoire qui traite l’indépendance comme un jeu à somme nulle car ils disent ‘soit vous nous donnez 100 % de ce que nous voulons, soit nous n’accepterons rien’ ».

Bien qu’Abbas ait répété que le leadership palestinien continuerait à reconnaître Israël et renoncerait à la violence, beaucoup de sources officielles du Hamas ont jusqu’ici insisté sur le fait que le mouvement ne reconnaîtrait jamais l’existence d’Israël, rejetant ainsi les suppositions sur son évolution politique éventuelle.