Les actions de l’Iran démontrent qu’il croit pouvoir tromper l’Occident sur ses ambitions nucléaires, a déclaré hier l’ancien ministre des Finances et le dirigeant du parti Yesh Atid, Yair Lapid, dans un article paru dans le magazine The Atlantic.

L’article de Lapid a été écrit en réponse à un article publié lundi par le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.

L’article de Zarif, écrit Lapid, est « tellement rempli de mensonges, de distorsions et de demi-vérités qu’il aboutit finalement à une vérité fondamentale — ce n’est pas un ensemble d’erreurs, c’est une méthodologie ».

La méthode de l’Iran, écrit Lapid, est de faire croire à l’Occident qu’il n’est pas en train de devenir une puissance nucléaire régionale, alors que c’est précisément le but secret de la République islamique.

L’ancien ministre a ensuite énuméré certains des « flagrants mensonges » qu’il a retrouvés dans l’article de Zarif.

L’Iran ne cherche pas à améliorer la précision de ses missiles pour éviter la mort de civils, a écrit Lapid, mais plutôt à « intensifier la menace et sa capacité à semer la destruction ».

L’Iran n’est pas une démocratie, a ajouté Lapid, car une démocratie « ne suspend pas les homosexuels aux grues, ne consacre pas en droit le droit de lapider les adultères et ne maintient pas une force comme les Basij, un groupe paramilitaire iranien composé d’environ 11,5 millions de personnes dont le rôle est d’appliquer la charia et d’empêcher l’influence occidentale. »

Mohammad Javad Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères, pendant la 53e Conférence sur la sécurité de Munich, le 19 février 2017. (Crédit : Christof Stache/AFP)

Mohammad Javad Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères, pendant la 53e Conférence sur la sécurité de Munich, le 19 février 2017. (Crédit : Christof Stache/AFP)

Plutôt que d’être une « victime de la terreur », comme Zarif l’a soutenu dans son article, l’Iran « finance et arme » le Hezbollah au Liban, les Houthis au Yémen et d’autres groupes terroristes à travers le Moyen-Orient.

Téhéran n’est pas intéressé par « La promotion de la paix, de la stabilité, du progrès et de la prospérité dans la région », a indiqué Lapid, citant le fait que plus tôt cette année, le guide suprême de la République islamique, Ali Khamenei, a qualifié Israël de « tumeur cancéreuse » et de « fausse entité ».

Lapid a noté qu’en dépit de ses propres désaccords avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu sur de nombreuses questions, « sa description de Rouhani comme un ‘loup dans une peau de mouton’ est juste ».

Selon le Washington Post, le président américain Donald Trump envisage d’annuler l’accord sur le nucléaire iranien, ou au moins de déclarer qu’il n’est pas dans l’intérêt national des Etats-Unis. Lapid a qualifié le raisonnement de l’Iran dans la signature de l’accord comme « le plus grand des mensonges de Zarif. »

L'Ayatollah Ali Khamenei à l'occasion d'un discours à la nation à l'occasion de Noruz, le Nouvel An iranien, à Téhéran, le 20 mars 2014. (Crédit : bureau du Guide suprême/AFP)

L’Ayatollah Ali Khamenei à l’occasion d’un discours à la nation à l’occasion de Noruz, le Nouvel An iranien, à Téhéran, le 20 mars 2014. (Crédit : bureau du Guide suprême/AFP)

En 2015, l’Iran n’a pas signé le Plan d’action global conjoint (JCPOA) pour « éviter une plus grande instabilité dans la région », a écrit Lapid, mais plutôt « parce que les sanctions menaçaient de détruire son économie et d’affaiblir le régime de l’ayatollah. »

« Si l’Iran avait voulu la stabilité régionale, nous n’aurions pas découvert en 2002 que l’Iran a construit deux réacteurs nucléaires dissimulés à Natanz et Arak. Nous n’aurions pas non plus été témoins du rapport de 2011 de l’AIEA qui indiquait que, contrairement à tous les accords signés par l’Iran, il continuait à enrichir de l’uranium et à mener des essais dont le seul but était le développement d’une arme nucléaire. Cela peut être une vérité inconfortable, mais cela est néanmoins a vérité », poursuit Lapid.

Selon le dirigeant de Yesh Atid, le ministre iranien des Affaires étrangères ment « parce qu’il est un professionnel » et le mensonge est « la méthode de Téhéran ».

« Ils disent une chose en anglais et quelque chose d’autre en perse, et à la fin font quelque chose de totalement différent… Les ayatollahs ont toujours cru en leur capacité à tromper l’Occident », a écrit Lapid.

Dans ses derniers paragraphes, le dirigeant de Yesh Atid a noté que « l’argument du président Trump selon lequel l’Iran viole » l’esprit de l’accord « a été ridiculisé et méprisé en Iran, mais il est exact ».

Lapid a conclu que si le JCPOA permettait à l’Iran de menacer les alliés de l’Amérique, comme l’Arabie saoudite et Israël, alors « annuler ou au moins renforcer radicalement le JCPOA doit être la bonne voie ».