Le ministre des Finances et dirigeant du parti Yesh Atid, Yair Lapid a annoncé samedi que son parti se retirerait de la coalition gouvernementale si la proposition de loi selon laquelle le service militaire ou national serait obligatoire, ne passait pas.

L’application de cette proposition était un des piliers majeurs du programme de son parti politique Yesh Atid lors des dernières élections générales. Le parti possède 19 sièges à la Knesset et est donc le deuxième plus grand parti de la coalition.

S’adressant à Channel 2, M. Lapid a affirmé que Yesh Atid « ne restera pas au gouvernement si la loi [exigeant] une ‘charge partagée’ ne passait pas, et elle doit être réelle. »

« S’il n’y a pas de sanctions criminelles » à l’encontre des hommes ultra-orthodoxes qui veulent éviter le service militaire, « nous partirons du gouvernement, » a annoncé Yair Lapid.

Il a souligné également que la loi israélienne stipulait déjà que le refus de se soumettre était illégal.

Le comité Shaked [du nom de Ayelet Shaked, député Habayit Hayehudi qui le dirige] va débattre cette semaine sur une clause qui traiterait des sanctions criminelles dans le cadre du projet de loi intitulé « la conscription égale »,

Un législateur resté anonyme et membre du comité Shaked a confié au quotidien israélien Haaretz dimanche que la loi existant sur l’interdiction du refus de se soumettre au service militaire, a été longtemps ignorée par une politique de l’armée israélienne faisant des exceptions aux hommes ultra-orthodoxes.

Cela veut dire que des sanctions criminelles pour le refus de servir étaient déjà prises, « il y a très longtemps. Il y aura des sanctions criminelles si la communauté ultra-orthodoxe ne remplit pas le quota de conscription qui est à déterminer, » a précisé le membre de la Knesset.

« Le débat du moment est de savoir s’il faut d’abord imposer des sanctions économiques avant les sanctions criminelles, et à partir de quel moment exactement les sanctions criminelles seront appliquées. »

Yair Lapid a déclaré « ne pas être surpris » par les émeutes violentes qui ont éclatées la semaine dernière. La cause de ces événements : l’arrestation d’un jeune homme ultra-orthodoxe qui ne s’était pas présenté pour son service militaire ainsi que la coupe des financements pour les séminaires dont les étudiants ne s’étaient pas enregistrés pour la conscription.

Cela va être une « période de souffrances » de « révolution sociale, » a souligné Yair Lapid, qui amènera « des menaces et de la colère, » mais le problème est « une plaie ouverte » pour le pays qui doit être traitée.

Le projet de loi passera, a prédit Yair Lapid, et a souligné que le projet, sous sa forme actuelle a le soutien majoritaire du comité Shaked et de la Knesset.

Le comité, dirigé par le député de HaBayit HaYehudi Ayelet Shaked, doit se réunir cette semaine dans la matinée de lundi et mardi pour une série de votes sur les clauses du projet.

La prochaine version du projet, qui a déjà été adoptée en première lecture, sera soumise à un prochain vote lors de la séance plénière de la Knesset en mars.