Un accord d’unité entre les factions rivales palestiniennes est encore pire que la menace de Ramallah de démanteler l’Autorité palestinienne, a déclaré mercredi le ministre des Finances Yair Lapid dans une attaque cinglante contre la direction palestinienne. Lapid s’est demandé si l’AP voulait vraiment obtenir un État.

Lors d’un discours devant les représentants du Congrès juif européen à Tel Aviv, Lapid a fustigé ce qu’il a qualifié d’attitude obstinée des Palestiniens lors des négociations de paix.

« Le principe de base d’une nation qui veut l’indépendance est si l’on vous donne quelque chose, vous le prenez. Après, vous pouvez négocier sur les détails », a-t-il affirmé, notant que 90 % des problèmes pourraient être résolus facilement tandis que les 10 % restants, tel que le statut de Jérusalem, pourraient être traités plus tard.

« Autant que je sache, les Palestiniens sont le premier pays de l’histoire à traiter l’indépendance comme un jeu à somme nulle. »

« Les Palestiniens veulent-ils vraiment d’un Etat ? » s’est-il demandé. « Si la réponse est oui, ils pourraient en avoir un dans six mois.  »

Réagissant au pacte de réconciliation signé quelques heures plus tôt entre le Hamas et le Fatah, Lapid a noté que le Fatah, la faction dominante de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), n’avait pas exigé que le Hamas renoncer à sa politique de terreur avant de signer l’accord.

Lapid, chef du parti centriste Yesh Atid, a déclaré que la menace de dissoudre l’Autorité palestinienne et de transférer la responsabilité de la Cisjordanie à Israël était « illogique », mais il a soutenu que l’accord entre le Fatah et le Hamas était encore pire.

« Le Hamas n’est pas un gouvernement. C’est une organisation terroriste djihadiste qui a pour objectif le meurtre de civils – des femmes, des enfants, des personnes âgées – simplement parce qu’ils sont juifs », a-t-il dit.

Lapid, récemment entré en politique et qui s’est jusqu’à présent surtout occupé de questions intérieures, a déclaré que si les exigences sécuritaires étaient remplies, lui et son parti appuieraient sans réserve la création d’un Etat palestinien, une position qui, selon lui, est partagée par la plupart des Israéliens.

« Mon parti et moi pensons que nous devons nous séparer des Palestiniens aussi rapidement et aussi vivement que possible », a-t-il déclaré. « Nous ne voulons pas d’un mariage avec les Palestiniens, nous voulons le divorce. »

Lapid a déclaré qu’Israël avait fait de nombreuses propositions dans le passé pour établir un Etat palestinien, mais qu’à chaque fois ces offres ont été rejetées.

« La question en suspens est de savoir si les Palestiniens veulent leur propre Etat. Et si c’est le cas, veulent-ils l’établir aux côtés de l’Etat juif ? Ou bien, n’ont-ils jamais abandonné leur vision d’origine, celle d’un Etat palestinien à la place de l’Etat juif ? »