Alors qu’un survivant de la Shoah sur quatre vit sous le seuil de pauvreté en Israël, le ministre des Finances Yair Lapid a soumis dimanche un projet de loi pour augmenter d’un milliard de shekels (208 millions d’euros) le budget à destination des 200 000 rescapés qui habitent dans le pays.

Le texte, qui prévoit des pensions mensuelles plus élevées et des médicaments gratuits pour les survivants, doit être soumis au vote de la Knesset le 27 avril – la veille du Yom Hashoah (jour en mémoire des victimes de la Shoah).

« L’Etat d’Israël a une obligation historique vis-à-vis des survivants de la Shoah et notre mission est de faciliter leurs dernières années d’existence », écrit Lapid dans un communiqué.

Les nouveaux fonds seraient ajoutés au budget actuel de 835 millions de shekels pour les rescapés.

Le texte prévoit d’annuler la distinction entre les survivants de la Shoah qui ont émigré en Israël avant 1953 et les 18 500 prisonniers des ghettos et des camps de concentration, arrivés plus tard.

La loi annulerait ainsi un texte voté en 1957, qui ne reconnaît que les personnes arrivées avant 1953.

A l’heure actuelle, les membres de ce groupe reçoivent entre 1 500 et
1 800 shekels (310 à 375 euros) par mois. Dans la nouvelle loi, les personnes arrivées après 1953 recevraient 2 200 à 5 400 shekels (460 à 1 120 euros) et pourraient bénéficier d’autres aides en fonction de leur statut socio-économique.

Le ministre du Bien-être et des services Sociaux Meir Cohen a qualifié le projet de loi de « l’un des plus importants changements sociaux depuis la fondation de l’Etat », ajoutant qu’il constituait « la réparation la plus importante et la plus significative » pour les rescapés vivant en Israël.

Le texte envisage également d’allouer 50 millions de shekels pour le traitement psychologique des rescapés et 130 millions de shekels pour la couverture des frais médicaux. Aujourd’hui, les survivants bénéficient d’une réduction de 50 % sur les médicaments.

Pour les rescapés qui n’ont pas été victimes des ghettos ou des camps de la mort et ont émigré en Israël après 1953, le projet prévoit de faciliter le processus bureaucratique en leur accordant une somme de 3 600 shekels sous la forme d’un dépôt annuel sur leur compte en banque. La procédure administrative pour obtenir cette subvention sera également facilitée.

A l’heure actuelle, les membres de cette catégorie peuvent obtenir jusqu’à 4 000 shekels une fois tous les deux ans pour couvrir les dépenses liées aux soins dentaires et oculaires, s’ils se portent candidats et fournissent des reçus.

La proposition prévoit également d’allouer 10 millions de shekels à un programme pour la coordination des visites dans les maisons des survivants. La même somme serait versée aux centres d’assistance publique.

Enfin, 9 000 rescapés vivant sous le seuil de pauvreté recevront une subvention supplémentaire de 2 000 shekels par an. Les compagnes de survivants décédés obtiendront une somme de 2 000 shekels après la quatrième année de la mort de leur mari.