Interrompu par des cris fervents de « Ouh, ah, mi ze bah, rosh hamemshala Haba ! » (Ouh, ah, regardez qui arrive, c’est le prochain Premier ministre !), Yair Lapid est monté mardi soir sur la scène du Hangar 11 au port de Tel Aviv et a dit à la foule de ses partisans qu’ils pouvaient être fiers de leur réussite.

« Les résultats de ce soir sont la preuve que Yesh Atid est là pour rester », a-t-il déclaré sous les acclamations de la foule.

Dépassant les résultats des sondage de campagne qui n’accordaient que sept sièges au parti centriste, Yesh Atid remporte à sa deuxième élection douze sièges – selon les estimations à la clôture du scrutin [onze à ce moment du décompte]. Néanmoins, c’est loin des 19 qu’il avait à sa disposition dans la Knesset sortante.

« Nous sommes le plus grand parti centriste, a lancé Lapid, et nous allons rester une force politique pour les années à venir. Nous sommes ici pour rester. »

Moins agréable, mais indiscutable, était le résultat général du scrutin, qui semble laisser le Premier ministre Benjamin Netanyahu au pouvoir. Lapid avait juré « de tout faire » pour empêcher que cela ne se produise.

Tous les 19 députés sortants du parti étaient présents au QG nocturne, y compris le parlementaire d’origine américaine Dov Lipman, numéro 17 de la liste, qui ne restera pas à la Knesset.

« Je crois en ce modèle, a déclaré Lipman. Il faut du temps pour que les choses fassent leur effet, et il y a des hauts et des bas, mais nous avons commencé à sept sièges et en avons obtenu douze. »

Le cri de ralliement de la soirée « Yesh Atid (Il y a un avenir) pour le pays », était scandé à chaque occasion.

« Lorsque la fumée de ce soir se dégagera, nous retournerons au travail, a déclaré Lapid, pour lutter contre toutes la corruption et les manipulations politiques et nous rappeler que nous ne devons pas être des tribus se battant pour elles-mêmes, mais devons proposer une vision pour le pays. »

« Nous allons nous battre pour Israël, pour ce qu’il doit être. »

Le député Micky Levy, un ancien commandant de police, en onzième place sur la liste, a déclaré qu’être dans l’opposition ne le dérangeait pas.

« Je n’ai aucun problème à être dans l’opposition. Je peux me battre avec un couteau entre les dents. »

Lapid n’a pas du tout abordé le passage probable du parti sur les bancs de l’opposition. Quand il eut fini de parler, les tambours ont roulé et les militants ont applaudi, laissant Lapid « ajouter juste une chose : merci aux militants du parti et à tous ceux qui ont travaillé si dur ».

La campagne sur les réseaux sociaux

Yesh Atid a une base solide de jeunes militants, dont beaucoup étaient présents au siège du parti, dansant sur des musiques de Shlomo Artzi et de transe qui ont joué par intermittence toute la nuit.

« C’est un parti qui met les jeunes au centre », pour Doreen Abraham, 25 ans, une des responsables des jeunes de Yesh Atid, qui a œuvré à établir des liens entre le parti et ses homologues internationaux aux États-Unis et en Europe. « Nous sommes ceux qui sont vraiment actifs dans ce domaine. »

Peut-être est-ce la raison pour laquelle l’application de messagerie WhatsApp était clairement le vecteur favori de la campagne de Yesh Atid sur les médias sociaux, estime Roei Deutsch, qui est responsable des nouveaux médias pour le parti.

« La plupart de nos messages sont sortis sur WhatsApp », a déclaré Deutsch.

Bien que les vidéos et Facebook demeurent d’importantes plates-formes pour faire passer leurs messages, les dirigeants du parti ont également posté leurs commentaires et argumentaires sur Twitter.

Deutsch dit que Yesh Atid était aussi le plus important utilisateur de l’application de photos Instagram.

Michal Slawny Cababia, une militante qui a d’abord travaillé pour Yesh Atid à Haïfa puis dans le centre du pays, a déclaré que le parti avait attiré une population jeune parce qu’il avait tenu ses promesses.

« Yesh Atid a des principes. Et Yair Lapid s’engage à faire ce qu’il promet. »

Il est aussi le seul chef de parti à descendre de la scène pour « étreindre chaque personne », a déclaré Yair Zivan, qui s’occupe de la presse internationale.

« C’est un parti qui est uni autour d’un sens de la mission pour le long terme et qui est passionné. »