Les démocrates du Congrès sont de plus en plus confiants qu’ils auront le tiers des votes dans l’une des chambres pour défendre un veto présidentiel contre tout texte législatif qui mettrait en danger l’accord nucléaire sur Iran.

« De plus en plus d’entre eux (Les démocrates de la Chambre) m’ont confirmé à moi qu’ils seront là pour soutenir le droit de veto », a déclaré Nancy Pelosi [la chef de file des démocrates au Congrès qui y sont minoritaires, NdT] aux journalistes, selon Reuters.

Les républicains à la Chambre et au Sénat devraient promouvoir une «résolution de désapprobation, » qui dans les faits retirerait le soutien des États-Unis à l’accord nucléaire négocié avec l’Iran par les six puissances mondiales sous impulsion américaine.

Mais le président Barack Obama a promis d’opposer son veto à une telle proposition de loi, forçant le Congrès à réunir une majorité des deux tiers dans les deux chambres pour passer outre au veto.

Alors que les républicains contrôlent la majorité dans les deux chambres, ils ne peuvent pas rassembler une majorité des deux tiers sans l’aide d’au moins 44 démocrates de la Chambre des Représentants et 13 au Sénat.

Au moment où la Chambre a commencé ses vacances parlementaires la semaine dernière, note Reuters, « aucun démocrate influent ne s’était prononcé contre l’accord alors que plusieurs personnalités centrales, dont la chef de file de la minorité Nancy Pelosi, étaient nettement en sa faveur. »

Pelosi fait partie de ceux qui estiment que le veto présidentiel passera au Congrès.

Selon ses auteurs, l’accord limite le programme nucléaire de l’Iran en échange d’une levée des sanctions internationales.

Ses opposants, dont le Premier ministre Benjamin Netanyahu et la majorité de la classe politique israélienne – de la coalition ou de l’opposition – craignent que les limites de ce programme ne vont pas assez loin, et que l’Iran ne sera pas confronté à des ramifications significatives s’il rompait l’accord.

Les partisans, y compris Obama et son cabinet dans leurs témoignages devant le Congrès au cours des dernières semaines, ont insisté sur le fait que l’accord est bon, et empêchera l’Iran de développer des armes nucléaires pendant plus d’une décennie.

Le lobby pro-israélien AIPAC fait campagne contre l’accord, s’opposant directement à la Maison Blanche pour la troisième fois seulement de son histoire.

Une poignée de démocrates se sont prononcés contre l’accord, dont les représentants Grace Meng de New York et Juan Vargas de Californie, mais aucun d’eux n’occupe de fonction importante au sein du Congrès.

« Cela montre la force du pare-feu que nous avons ici, » a déclaré à Reuters un assistant démocrate au Congrès.

David Price, un démocrate de Caroline du Nord à la Chambre des Représentants qui est très actif pour mobiliser les votes démocrates en faveur de l’accord, a été encore plus optimiste. « Je suis encouragé à l’heure actuelle, » a-t-il dit.

Le Congrès sera de retour de vacances, le 8 septembre, seulement neuf jours avant la date limite de 60 jours pour rejeter l’accord nucléaire, qui est fixée au 17 septembre.

De nombreux démocrates juifs, face à l’opposition farouche de certains des membres les plus actifs de la communauté juive américaine, n’ont pas pris position, parmi eux le sénateur Chuck Schumer et le représentant Eliot Engel de New York, tous deux membres influents des commisions des Affaires étrangères de leurs chambres respectives.

« Il y aura beaucoup de pression sur les démocrates pour soutenir le président », a confié Engel à l’agence Reuters.

Engel a rencontré les deux parties: Obama mercredi dernier dans le Bureau ovale, et Ron Dermer l’ambassadeur d’Israël à Washington le lendemain au Capitole.

Il estime qu’il serait « très difficile » de réunir suffisamment de démocrates pour passer outre au veto du président. Mais lorsqu’on lui a demandé si personnellement il voterait pour y passer outre, Engel a répondu : « Je l’envisage. »