Le roi Salmane d’Arabie saoudite s’est dit mercredi déterminé à empêcher que le Yémen devienne « une base ou un point de passage » pour un pays ou une partie menaçant la sécurité du royaume, dans une allusion apparente à l’Iran et au Hezbollah libanais.

« Nous n’accepterons aucune ingérence dans les affaires intérieures du Yémen » ou que ce pays « devienne une base ou un point de passage pour un quelconque état ou partie menaçant la sécurité et la stabilité du royaume [saoudien] et de la région » du Golfe, a prévenu le roi Salmane dans un discours.

Le souverain n’a fait aucune référence explicite à l’Iran, rival régional de l’Arabie saoudite, ou au Hezbollah, mais des responsables saoudiens et du Golfe accusent régulièrement Téhéran et la milice libanaise pro-iranienne d’aider militairement les rebelles yéménites Houthis qui contrôlent la capitale Sanaa et le nord du Yémen, frontalier de l’Arabie saoudite.

Le royaume saoudien a pris la tête, en mars 2015, d’une coalition militaire arabe pour chasser les Houthis, issus de l’importante minorité zaïdite concentrée dans le nord du Yémen, des territoires qu’ils ont conquis et rétablir l’autorité du gouvernement.

L'artillerie de l'armée saoudienne tirant vers le Yémen à partir d'une position près de la frontière saoudo-yéménite, dans le sud-ouest de l'Arabie saoudite, le 13 avril 2015. (Crédit : Fayez Nureldine/AFP)

L’artillerie de l’armée saoudienne tirant vers le Yémen à partir d’une position près de la frontière saoudo-yéménite, dans le sud-ouest de l’Arabie saoudite, le 13 avril 2015. (Crédit : Fayez Nureldine/AFP)

Le roi Salmane, qui s’exprimait à l’ouverture d’une nouvelle session du Conseil consultatif, a souligné que Ryad œuvrait pour « une solution politique » au Yémen sur la base notamment de la résolution 2216 du Conseil de sécurité de l’ONU.

Le gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi s’en tient aussi à l’application de cette résolution qui prévoit le retrait des rebelles des territoires conquis depuis 2014 et la restitution des armes lourdes.

Les rebelles réclament la formation au préalable d’un gouvernement d’union nationale qui se chargerait du volet militaire d’un règlement.

‘Mesures douloureuses’

« La sécurité du Yémen est intrinsèquement liée à celle du royaume », a rappelé le souverain saoudien, dont le pays a été régulièrement la cible de tirs de roquettes et de missiles depuis les régions du Yémen contrôlées par les rebelles.

La guerre au Yémen a fait plus de 7 000 morts et près de 37 000 blessés depuis l’intervention de la coalition sous commandement saoudien, selon l’ONU.

Le souverain saoudien a évoqué par ailleurs l’ambitieux programme « Vision 2030 », lancé en avril pour diversifier l’économie saoudienne, trop dépendante du pétrole.

« Le monde a connu de fortes turbulences économiques dont ont souffert la plupart des pays », a déclaré le roi, ajoutant que « cela a conduit à un ralentissement de la croissance et à une baisse des prix du pétrole, ce qui a affecté notre pays. »

En conséquence, le gouvernement a « pris des mesures parfois douloureuses », a-t-il indiqué en rappelant que Ryad coordonnait ses efforts avec les pays producteurs pour « stabiliser le marché pétrolier ».

« Le royaume a connu ces trois dernières décennies des circonstances similaires l’obligeant à réduire ses dépenses mais il a toujours réussi à les surmonter », a-t-il assuré.

Créé en 1993, le Majles al-Choura (Conseil consultatif), qui compte aujourd’hui 150 membres dont 30 femmes, tous désignés par le roi, n’a pas de pouvoir législatif. Ses recommandations sont soumises au souverain qui peut ensuite les faire approuver par le gouvernement.