L’Arabie saoudite a confirmé mardi qu’elle accueillera jeudi à Jeddah (ouest) une réunion arabo-américaine, avec la participation de la Turquie, sur la lutte contre le « terrorisme », alors que Washington tente de mobiliser ses alliés contre les jihadistes de l’Etat islamique (EI).

Les six monarchies du Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman, Qatar), ainsi que l’Egypte, la Jordanie, la Turquie et les Etats-Unis, participeront à cette réunion qui discutera de « la question du terrorisme dans la région, des organisations extrémistes et des moyens de les combattre », a précisé l’agence officielle saoudienne Spa.

Plus tôt, au Caire, un haut responsable égyptien avait annoncé que le secrétaire d’Etat américain John Kerry, attendu dans la région, allait rencontrer mercredi et jeudi les chefs de la diplomatie des six monarchies du Golfe, de l’Egypte, de la Jordanie et de l’Irak.

A Beyrouth, un responsable du gouvernement a indiqué que le chef de la diplomatie libanaise participerait à la réunion de Jeddah.

Les Etats-Unis ont annoncé leur intention de bâtir une large coalition de 40 pays, censée durer plusieurs années, pour éliminer les djihadistes ultra-radicaux de l’EI qui sèment la terreur en Irak et en Syrie.

La presse critique le blanc-seing des Arabes à une opération américaine

La presse syrienne s’en prend vigoureusement mardi aux pays arabes qui ont donné « carte blanche » aux États-Unis pour revenir militairement au Moyen-Orient, et un quotidien préconise même d’établir en réaction « une coalition russo-irano-syrienne ».

Le quotidien al-Baas, organe du parti dirigeant en Syrie, estime que « Washington, qui s’est servi du faux prétexte de la présence d’armes de destruction massive pour entrer militairement dans la région en 2003 afin de dessiner de nouvelles lignes géopolitiques pour la région (…) revient aujourd’hui sous un autre faux prétexte qui est la lutte contre le terrorisme, tandis que les Arabes sont absents de toute décision et ne jouent que les seconds rôles ».

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry doit rencontrer jeudi à Jeddah les ministres de pays arabes afin de bâtir une large coalition de plus de 40 pays pour vaincre les djihadistes ultra-radicaux de l’Etat Islamique. La Syrie est exclue de cette coalition.

Pour la quotidien officiel As Saoura, « les États-Unis ont préparé le terrain pour livrer de nouveau des guerres dans la région, et leurs partenaires locaux sont fin prêts à exécuter les ordres sans même connaître les détails du plan américain. Ainsi la Ligue arabe a donné son accord pour soutenir la stratégie d’Obama ».

Réunis dimanche au Caire, les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe ont convenu de « prendre toutes les mesures pour combattre le terrorisme au niveau politique, sécuritaire et idéologique », mais leur déclaration ne fait aucune référence au projet de coalition initié par les Etats-Unis.

« Que viennent faire Kerry et (le secrétaire américain à la Défense Chuck) Hagel si les arabes de la Ligue ont déjà donné leur accord préalable à une nouvelle guerre dans la région organisée par les Etats-Unis ? », s’interroge le journal gouvernemental Techrine.

As Saoura estime que le plan américain ne comprendra pas « les mesures nécessaires pour contenir le terrorisme et l’empêcher de s’étendre », en reprenant les critiques de Damas contre les pays arabes et la Turquie qui financent et laissent entrer en Syrie les djihadistes.

Al Watan évoque pour la première fois « la possibilité de former une coalition russo-irano-syrienne ». « Les pays occidentaux et régionaux excluent les pays qui veulent vraiment lutter contre le terrorisme tandis que la coalition suscitée par les Américains regroupe ceux qui ont soutenu financièrement, militairement et sur le plan logistique les groupes terroristes », écrit-il.